Que devons-nous faire ?

Nous venons de célébrer le troisième Dimanche de l’Avent. Nous avons écouté des lectures qui nous invitent à la joie et à l’espérance (cf. ici). C’est que ce dimanche est aussi le Dimanche ‘Gaudete. ‘Gaudete‘ est un terme latin qui signifie ‘réjouissez-vous‘. Se réjouir ? Mais… de quoi ? De la venue de Jésus. L’Avent est donc un temps d’attente joyeuse de l’arrivée du Sauveur. Notre vie est aussi un ‘Avent’, un temps que le Seigneur nous donne pour nous préparer à sa rencontre. Mais que faire ? Que devons-nous faire pour mettre ce temps à profit ? La réponse est dans l’Évangile de Saint Luc que nous avons écouté (voir ).

Au début de cet Évangile, Jean le Baptiste prêche au bord du Jourdain et baptise. Des foules se sont rassemblées autour de lui. Bien plus, ces personnes ont quitté leur ville et l’ordinaire de leur vie pour aller vers le désert et Jean le Baptiste. Ils viennent tels qu’ils sont, avec leurs questions, leurs doutes, leurs attentes, … D’après le texte (Lc 3, 10.12.14), trois catégories de personnes interrogent Jean : les foules, puis les publicains et enfin les soldats. Tous posent une même question, très simple :

Que devons-nous faire ?

Cette question reflète une inquiétude, un manque. Ces personnes sont en recherche : elles ne savent pas comment agir, comment mener leur vie. Elles ont besoin d’un guide, d’un maître, d’un coach comme l’on dirait aujourd’hui.

Et nous? Tous, jeunes ou plus âgés, nous pouvons nous identifier à ces personnes de l’Évangile et décliner cette question pour notre vie :

Moi, avec mes doutes, que faire ?
Moi, avec mon enthousiasme, que faire ?
Moi, avec mes peurs, que faire ?
Moi, avec mes forces, que faire ?
Moi, avec mes rêves, que faire ?
Moi, avec ma vie, que faire ?

Jean donne des réponses simples : Tout un programme de vie !

Un certain François d’Assise est passé, lui aussi, par cette étape de recherche. A un moment crucial de sa vie, après les fêtes, les satisfactions éphémères et le plaisir, après le succès social, il sent un vide en lui (cf. ici). Il n’a pas encore trouvé sa place dans le monde. Et comme les foules, les publicains et les soldats, il se dit : « Que dois-je faire ? ». Alors, comme eux, il se tourne vers le Maître et lui pose cette question :

« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

La réponse viendra dans la petite église de Saint Damien : « Va et répare mon Église ! » (cf. ici). Ce sera le début d’une nouvelle vie pour Saint François. Pour nous aussi, la question est ouverte. Elle attend une réponse. Cette réponse, et surtout notre docilité à cette dernière, ouvre une nouvelle page dans notre vie.

Alors… les foules, les publicains et les soldats ont trouvé leur réponse. Saint François a trouvé sa réponse.

Et toi ?

Rappelle-toi… Demandez et vous recevrez !

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La vocation de Marie, la Comblée-de-grâce

Aujourd’hui, nous célébrons l’Immaculée Conception : une grande fête mariale bien sûr mais aussi un dogme de notre foi promulgué le 8 décembre 1854, il y a 164 ans. Avec ce dogme, le pape Pie IX déclarait que Marie était préservée du péché originel qui marque tout homme dès sa naissance. Il s’agit donc d’une grande fête qui nous dit quelque chose de l’identité et de la vocation si particulières de la Vierge Marie. Pour bâtir notre méditation, nous nous appuierons sur la salutation de l’Ange Gabriel lors de l’Annonciation :

L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » Lc 1, 26 – 30

Écoutons comment l’Ange interpelle Marie : ‘Je te salue, Comblée-de-grâce‘. Quelle salutation curieuse ! Il s’agit d’un terme grec ‘kecharitōmĕnē‘ que l’on trouve une seule fois dans la Bible, appliqué à Marie, et dont la traduction est double : « qui a été graciée » ou encore « à qui une grâce extraordinaire a été faite ». D’ailleurs Marie est toute surprise de cette salutation… Car l’ange vient de lui révéler son identité. Parce qu’elle est Comblée-de-grâce, elle a été libérée du péché ‘par anticipation’ du pardon offert à la croix et elle est l’Immaculée Conception. C’est d’ailleurs l’identité qu’elle déclinera à Sainte Bernadette lors des apparitions de Lourdes en 1858 : « Je suis l’Immaculée Conception ».

Parce qu’elle est Comblée-de-grâce, elle est parfaitement libre comme l’étaient Adam et Eve avant le péché originel. Cela signifie qu’elle avait le choix de dire OUI ou NON à Gabriel lorsqu’il lui annonce sa vocation de Mère de Dieu. Tous ses projets de vie sont remis en question. Pourtant, elle dit OUI en sachant qu’elle prend des risques énormes. En effet, à la seconde où elle tombe enceinte, elle devient adultère puisqu’elle est promise en mariage à Joseph qui n’est pas le père biologique de l’enfant. Elle connaît la peine prévue par le lévitique pour les femmes adultères : la lapidation. Elle risque sa vie, mais elle dit OUI. Elle est libre et elle fait confiance à Dieu. D’ailleurs, l’Ange le lui a assuré : ‘rien n’est impossible à Dieu‘. Alors il saura bien convaincre Joseph que son amour pour lui ne s’est jamais démenti. Par son attitude de foi, Marie nous interroge :

Et nous ? Où en sommes-nous de notre liberté ? Que sommes-nous prêts à risquer ? Y-a-t-il quelque chose/quelqu’un pour qui nous serions prêts à donner notre vie ? Y-a-t-il une cause qui en vaille la peine ? Quel est le but de notre vie ?

Son OUI change sa vie, et bien sûr celle de Joseph. Grâce à elle, la Sainte Famille va se constituer et devenir un modèle pour toutes les familles humaines. Mais son OUI va aussi impacter la vie de tous les hommes, passés, présents et à venir. Parce qu’elle dit OUI, Jésus devient l’un d’entre nous. Parce qu’elle dit OUI, le mystère de l’Incarnation et celui de la Rédemption peuvent s’accomplir : le salut va être donné au monde.

Quelle vie extraordinaire pour cette jeune femme simple de Nazareth ! Son OUI parfait lui vaudra une vie d’une fécondité exceptionnelle. Alors même qu’elle va perdre son fils sur la croix et qu’un glaive va lui transpercer le cœur, elle devient la mère de toute l’humanité :

« Femme, voici ton fils. » Jn, 19, 26

Alors la Comblée-de-grâce devient médiatrice de toutes les grâces. Cela signifie que toutes les grâces qui nous sont accordées – des plus grandes aux plus petites – passent par ses mains. Elle est vraiment notre mère. Elle est attentive à chaque détail de notre vie. Alors faisons comme Joseph et comme Saint Jean : Prenons Marie chez nous! Prenons la Comblée-de-grâce chez nous pour devenir aussi des ‘Comblé(e)s de grâce’, libres de répondre OUI au Seigneur, sûr(e)s que notre vie sera heureuse et féconde ! L’Ange ne l’a-t-il pas dit ?

« Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » Lc, 1, 30.

Cela s’adresse à Marie et… à nous ! Car lorsque nous disons OUI à Dieu, nous devenons féconds et pouvons enfanter Jésus dans notre vie et dans celle des autres :

Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, Jésus dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »
Mc 3, 33-35

Et si c’était notre vocation de chrétien?

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Saint François – Xavier, la passion pour la mission

En ce 3 décembre, nous célébrons la fête de Saint François – Xavier. Nous avons donc choisi de vous amener aujourd’hui à la rencontre de ce grand saint, jésuite et co-patron des missions avec Sainte Thérèse de Lisieux. Nous revenons pour vous sur sa jeunesse et son parcours vocationnel.

Francisco de Jasso y Azpilicueta est né le à Javier, près de Pampelune en Navarre dans une famille de grande noblesse. Il perd son père à 10 ans, peu après que le château familial de Javier ait été totalement détruit par les soldats castillans. De 15 à 18 ans, Francisco mène une vie solitaire et monotone. A 19 ans, c’est l’heure des premiers choix, mais peu de possibilités s’offrent à ce jeune homme, fils d’une grande famille presque ruinée et hostile au pouvoir en place. Il choisit finalement les études universitaires et part à Paris dont l’Université est très reconnue avec une ambition : devenir docteur en droit ou en théologie. Là, il partage sa chambre d’étudiant avec Pierre Favre, qui deviendra le premier prêtre jésuite. En 1530, ils reçoivent ensemble leur licence ès arts et ont trois poursuites d’études possibles : le droit, la médecine, ou la théologie. Toujours guidé par une ambition très humaine, Francisco opte pour la carrière ecclésiastique et s’abandonne à la vie insouciante et facile de l’étudiant dont l’avenir semble assuré.

C’est alors qu’il rencontre Iñigo López de Loyola, le futur Saint Ignace, avec qui il va partager sa chambre. Cette rencontre va changer sa vie, alors même qu’au début, il supporte très mal ce nouveau converti, homme de feu, qui répète : « Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? ». Longtemps, il résiste à son ardeur évangélique qui s’oppose à ses projets et Ignace confiera à son secrétaire : « Francisco a été la plus rude pâte que j’ai maniée ». Comme Pierre Favre, Francisco finira par être conquis par l’idéal d’Ignace. Ils sont bientôt rejoints par plusieurs jeunes qui entendent ce même appel lancé par l’Esprit Saint. Ils prononcent ensemble des vœux, le 15 août 1534 à Montmartre (voir image ci-dessus). C’est la naissance de la Compagnie de Jésus, les « Jésuites » qui sera approuvée par le pape Paul III en 1540. Francisco et Ignace seront ordonnés prêtres ensemble à Venise en 1537. Un feu les dévore : suivre le Christ pauvre, travailler avec Lui “chez les fidèles et les infidèles”, se dévouer aux plus pécheurs, aux plus pauvres. Mais que faire exactement ? Où aller ? Ils cherchent.

Finalement, ils partiront pour Rome où ils se mettront à la disposition du Pape. Lorsque celui-ci demande des missionnaires pour évangéliser en Asie, Ignace désigne Francisco : « C’est une entreprise pour vous. » « Me voici, me voici ! », répond celui-ci avec enthousiasme. Il part pour les Indes le 7 avril 1541. Il se rendra ainsi entre autres à Goa (Inde), en Indonésie, au Japon et enfin à Sancian. Brûlé d’un ardent désir missionnaire, Francisco n’a plus qu’une seule ambition : faire connaître l’amour du Christ partout sur la terre. Pour cela, il privilégie le contact direct avec la population locale, apprenant la langue et vivant auprès des plus pauvres et des malades. Il fonde des communautés chrétiennes et des écoles pour les plus démunis. Il organise l’ordre jésuite en Asie puisqu’Ignace l’a nommé ‘provincial de l’Est’ en 1549. Il traduit des catéchismes dans les dialectes locaux. Il ne craint pas d’aller dans les maisons de jeux et de plaisirs pour aller chercher les pécheurs les plus endurcis. Sa prédication et plus encore sa cohérence de vie touchent de nombreux cœurs, les ramenant au Christ :

« Quant aux nouvelles de l’Inde, je dois vous faire part que le Seigneur, dans le royaume où je me trouve, a invité beaucoup d’hommes à se faire chrétiens. En un mois, j’en ai baptisé plus de dix mille. » Lettre à Saint Ignace.

Francisco meurt à 46 ans, le 3 décembre 1552, à Sancian aux portes de la Chine, alors qu’il désirait de toute son âme porter la Bonne Nouvelle dans ce pays. Il a été canonisé en même temps qu’Ignace le 12 mars 1622.

Alors qui es-tu Saint François – Xavier ? Un chercheur de Dieu d’abord. Un homme qui nourrissait de grands projets humains mais qui s’est laissé déranger pour réaliser le projet que Dieu avait sur lui. Un homme qui a tout donné à la suite du Christ et dont la vie et la mission ont été extraordinairement fécondes. Un homme dont le parcours n’est pas sans rappeler celui d’un autre François, d’Assise celui-là ! Le premier a abandonné une brillante carrière universitaire, le second a laissé les armes et le commerce lucratif de son père pour devenir un chantre de la fraternité et de la pauvreté. Deux ‘François’ qui se rejoignent à des siècles d’intervalle dans une même passion pour la mission et dans leur désir de répondre totalement à l’appel du Seigneur :


Cliquer pour agrandir.


Deux beaux exemples pour nous, frères franciscains, puisque la mission est une partie essentielle de notre vocation. Alors marchons joyeusement sur leurs traces et répondons courageusement au Seigneur :

« Me voici, envoie-moi ! »
Isaïe, 6, 8

De plus amples informations sur Saint François – Xavier sont disponibles en suivant ces liens : [1] [2] [3] [4].

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Mene, Mene, Tekel, Upharsin

C’est de l’Hébreu ???!! Cette phrase est étrange. Et, oui, en effet, c’est de l’araméen. Il s’agit d’un passage du livre du prophète Daniel au chapitre 5 : un moment triste de l’histoire biblique où un roi profite de son pouvoir et profane des objets sacrés. Son comportement est puni par le Seigneur. Une main mystérieuse apparaît et écrit sur le mur la sentence :

« Mene, Mene, Tekel, Upharsin. » (Dn 5, 25)

Cette phrase mystérieuse est intéressante. En Français, elle peut se traduire par : « Pesé, pesé, compté, divisé ». Le roi sera tué le soir même.

Les mots écrits sur le mur nous semblent opportuns pour une méditation vocationnelle. En effet, dans ce passage, Dieu juge la vie du roi et son histoire. Il la trouve légère, sans poids, sans épaisseur, sans densité. Une vocation ne peut pas se vivre sans passion. Autrement, elle est médiocre et fade. Lors du cheminement vocationnel au début, et tout le long de la vie, il faut veiller à la qualité de notre réponse à Dieu :

Comment je vis ? je me donne ? je m’abandonne ? je pardonne ? j’aime ?

Si notre vie n’est pas passionnée et transportée par l’amour de Dieu, un jour, nous serons trouvés « légers ». Il est terrifiant d’imaginer une vie sans poids, sans odeur, sans couleur, sans passion, bref, insignifiante. Par la vocation, nous recevons la mission d’être témoin. Il ne s’agit pas d’être « lourd » dans la vocation et la mission, mais d’être solide et significatif. Sur le chemin de la vie, il est responsable de se dire :

Et moi, en ce moment, comment je me sens ? léger ? solide ?…


Jésus est venu pour que nous soyons sel de la terre et lumière du monde.

Notre vocation ? Elle est là !


 

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Là où il y a la discorde, que je mette l’union

Dans plusieurs de nos articles, récents ou plus anciens, nous sommes revenus sur la Vocation Franciscaine, une vocation pour réparer (cf. ici), pour mettre l’amour là où il y a haine (cf. ) ou encore pour crier la vie (voir ce lien). Aujourd’hui, nous continuons notre méditation sur un autre aspect de la vocation franciscaine mis en lumière dans cet extrait d’une belle prière attribuée à Saint François :

« Là où il y a la discorde, que je mette l’union. »

Dans cette prière, il est demandé d’agir pour l’union. « Que je mette », c’est-à-dire que, dans les situations relationnelles où il y a discorde, donc, tension, douleur et violence, moi, disciple de Jésus et de Saint François, avec du tact et de l’intelligence, je dois mettre l’union. Il s’agit donc, encore une fois, d’agir pour le bien, d’être audacieux pour chercher le Bien.

La discorde crée des distances. Il s’agit d’un sentiment dans lequel l’émotionnel prend parfois le pas sur le rationnel et le spirituel. Saint François, à son époque, connaissait bien ce sentiment : discorde entre les familles, discorde à l’intérieur de l’Église, discorde entre les villes, etc. Une des conséquences de la discorde est la division. Saint François a connu une société fracturée. Sa vocation et sa mission étaient de dépasser ces sentiments en les évangélisant. Oui, quand on évangélise le monde intérieur, on apaise les tensions et les discordes. Quand l’Esprit Saint nous visite, il nous apporte l’unité intérieure.

Une des belles missions des Franciscains de la première époque était celle de prêcher la paix et la réconciliation. Cette mission est toujours d’actualité. Ceux qui sèment la discorde sont nombreux dans tous les milieux. Les réseaux sociaux en montrent l’ampleur et les dégâts… Le monde et l’Église ont besoin de pacificateurs, de missionnaires prêchant l’union et la paix. La vocation franciscaine se manifeste dans la rencontre avec l’autre. Dans nos vies et nos parcours, nous rencontrons des personnes blessées, en colère, vivant dans la discorde, … il est beau d’apporter à ces personnes – sans naïveté ni angélisme – des paroles de bénédiction, des paroles apaisantes, des paroles qui relèvent.

Oui, nous pouvons « mettre » l’union dans la discorde pour diluer la force de la violence et de la douleur. Dans le désir d’union, le moteur est l’amour de Dieu. Cet amour nous pousse à agir pour le Bien :

« Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres », dit Saint Paul aux Romains (cf. Rm 12, 5-16).

Alors, où il y a l’union, il n’y a pas de discorde.

 

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Sursum corda !

Sursum corda ? Quelle étrange expression ! Elle vient du latin : ‘sursum‘ qui signifie ‘vers le haut‘ et ‘corda‘ qui est issu du mot ‘cor‘ et qui veut dire ‘cœur‘. ‘Sursum corda’ se traduit donc dans le langage courant par ‘Haut les cœurs‘ et dans le contexte liturgique par : ‘élevons notre cœur‘. Peut-être cette expression vous est-elle maintenant familière puisqu’il s’agit de l’une des paroles prononcée par le prêtre pendant la messe :

Prêtre : Élevons notre cœur / Sursum corda
Assemblée : Nous le tournons vers le Seigneur / Habemus ad Dominum.

Élevons notre cœur ! Le cœur dans la Bible (‘leb’ en hébreux) est plus qu’un simple organe. Il est le centre de la décision, le lieu de la volonté, de la conscience éclairée. Lorsque Dieu parle, c’est par le ‘leb‘ que l’homme peut l’entendre. C’est donc dans le ‘leb‘ que se révèle notre vocation. Encore faut-il que notre ‘leb‘ soit bien orienté, un peu comme une parabole vers le satellite : mauvaise orientation = mauvaise réception du signal. On comprend mieux la réponse de l’assemblée dans le dialogue précédent. Se pose alors une question : comment bien orienter notre cœur ? Et si cela était une affaire de regard ? Allons plus loin. Le psaume 120 nous dit :

« Je lève les yeux vers les montagnes. D’où le secours me viendra-t-il ? Le secours me vient du Seigneur qui a fait le Ciel et la Terre. »

Alors où est-ce que je regarde ? Qu’est-ce que je regarde ? A quoi suis-je attentif ?

Moi-même ? Mes fautes, mes limites, mes problèmes, ma souffrance ? Les autres, leurs imperfections et leurs erreurs ? Le monde et ses difficultés ? Ou bien le Seigneur et sa gloire ?

Il s’agit d’une question importante car Jésus nous prévient (Mt 22, 6) : « La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres. » De plus, notre regard est souvent focalisé sur ce qui est important pour nous. Et Jésus nous dit : « là où est ton trésor, là aussi est ton cœur ». Ainsi, pour bien orienter la parabole de notre cœur, il faut apprendre à bien orienter notre regard. Quelques degrés d’écart et nous tombons. Simon Pierre en a fait l’amère expérience alors qu’il marchait sur l’eau pour rejoindre Jésus : à la seconde où il a prêté attention à la mer déchaînée, il s’est mis à couler (cf. Mt, 14, 22-33). Saint Paul quant à lui nous montre comment il a braqué la parabole de son cœur vers Jésus (Ph 3, 14):

« Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. »

Cela nous interroge : vers quel but courons-nous ? Et d’ailleurs comment pourrions-nous courir vers un but sans jamais le regarder pour nous orienter vers lui ? C’est pourtant ce que nous faisons lorsque nous nous laissons distraire comme Saint Pierre et perdons de vue le vrai but de notre vie. C’est le drame du péché ! Le péché n’est pas une affaire de morale. Le péché, c’est quand notre cœur est mal orienté et que nous courons vers une idole au lieu de courir vers Jésus ! Il nous conduit au malheur car il nous fait rater la cible de la vie éternelle, la cible de l’Amour qui seul est force de création et source de bonheur et de fécondité.

Alors, vers quel but est orienté notre regard ? Pourquoi ne pas prendre un peu de temps pour répondre à cette question et apprendre à tendre l’arc de notre vie pour toucher la cible de notre désir profond ? Oui, élevons notre regard, élevons notre cœur ! Amenons-le sur les hauteurs de l’Amour, au cœur de la Sainte Trinité ! Là, le temps s’arrête, là toutes les questions trouvent une réponse, là notre regard est éclairé car il voit en hauteur. Le psaume 33 nous encourage :

Qui regarde vers Lui resplendira sans ombre ni trouble au visage !

Prenons le temps de discerner la bonne route, par exemple à travers l’Année Saint François. Des jeunes sont déjà en route pour discerner leur vocation et découvrir ce que le Seigneur leur dit dans leur ‘leb’. Pourquoi pas toi ? Tous les détails sont ici et . Le flyer est téléchargeable ici et des témoignages en vidéo sont accessibles .

Jésus leur dit : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. (Jn 14, 6)

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Notre vocation franciscaine : une vocation pour réparer

Ces derniers temps, l’Église vit dans la tourmente des scandales contre les mineurs. Il s’agit d’une situation tragique. Les hommes du sacré ont profané la vie et l’intimité des êtres les plus vulnérables. Quand Jésus dit : « Laissez venir à moi les enfants » (Mt 19, 14), il les bénit. Des hommes d’Église ont utilisé leur fonction pour abîmer l’onction des plus petits. Leur mission a été pervertie par une mauvaise conception du pouvoir. Par leurs actions, ils ont démoli des vies. Alors, la parole de Jésus résonne : « Si quelqu’un scandalise l’un de ces petits qui croit en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on le jette au fond de la mer » (cf. Mt 18, 6). La force des paroles et les actions des Papes Benoît XVI et François pour arrêter le massacre des innocents est fondamentale. Les autorités de l’Église doivent continuer un travail de clarté et de responsabilité pour que le Bien et l’Amour de Dieu soient visibles et crédibles. Nous devrons traverser désormais le désert de la méfiance, de la critique et de la distance à cause du mal fait. L’humilité et la persévérance s’imposent pour porter la croix et les croix des victimes et des bourreaux.

Dans cette page sombre de l’histoire de l’Église, notre charisme franciscain fait émerger une parole que le Christ dit à Saint François : « Va, François répare mon Église, elle tombe en ruines ». Des vies ont été ruinées. Il nous semble que ce moment de notre histoire exige des attitudes et des gestes de réparation. On répare ce qui est abîmé. Notre vocation franciscaine par la fraternité, l’intériorité, la prédication de la pénitence et de la paix a un mot à dire à notre société. Les Franciscains ont un message à donner à tous ceux qui sont blessés. Comme dans l’Évangile de Saint Jean (cf. Jn 12), nous devons nous mettre aux pieds des autres pour donner de nouvelles onctions de Béthanie. Pour apporter douceur, là où il y a eu douleur.

La qualité de notre contact avec les autres, et surtout avec les personnes vulnérables, avec ces personnes s’adressant à nous dans la confiance, doit être vrai et juste. Notre vocation est de relever les vies, de bénir les vies, de célébrer la vie de chaque être humain. Nous devons réparer l’Église à partir des cœurs, des familles, des vies. Dans la première Règle, Saint François dit : « Qui frappe à la porte du couvent, qu’il soit accueilli avec bonté, qu’il soit ami ou ennemi ». Il s’agit d’un beau défi. Accueillir avec bonté et sans juger, ceux qui marchent sur le chemin de la vie. Accueillir pour encourager. Accueillir pour fortifier. Accueillir pour relancer la vie. Accueillir avec pudeur l’histoire des autres. La pudeur, l’aidos des grecs, cet espace d’intimité et de respect entre soi et les autres, a presque disparu dans notre société. Il est important qu’elle ressuscite et qu’elle reprenne sa place pour une vie relationnelle saine. Notre vocation, comme nous l’avons dit dans d’autres articles, est de donner et non de prendre (cf. ici).

Aimer, donner, réparer, …


Une mission actuelle
dans la vocation des Franciscains!

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Lutte pour le Ciel !

Je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer. (Ap, 7, 9)

Dans notre dernier article (voir ici), nous avions comparé notre vie à une cathédrale en construction et nous avions souligné l’importance du choix de la pierre angulaire, i.e., la pierre sur laquelle nous bâtissons notre vie. Aujourd’hui, nous célébrons la Toussaint. Cette fête fait mémoire de tous les saints, connus et inconnus, c’est-à-dire de toutes ces personnes qui, dans la discrétion, ont choisi le Christ comme pierre angulaire de leur vie et ont mis leurs pas dans les siens.

En cette belle fête – qui est aussi un peu la nôtre puisque c’est notre vocation (voir ) – nous vous amenons à la rencontre de deux jeunes frères franciscains conventuels polonais, fr. Michal Tomaszek et fr. Zbigniew Strzalkowski, assassinés par le Sentier Lumineux au Pérou le 9 août 1991 et béatifiés en 2015. Ces jeunes frères – âgés à peine d’une trentaine d’années au moment de leur martyre – ramenaient tant de personnes au Seigneur que cela gênait les actions des révolutionnaires. Comme vous le verrez en écoutant le récit d’un témoin (cf. ci-après), Fr. Michal et Fr. Zbigniew, en dépit de leur jeune âge, ont posé des choix forts et courageux en cohérence avec leur vocation franciscaine. En cette belle fête de la Toussaint, ils nous montrent la valeur, la beauté et la fécondité d’une vie donnée, fondée sur le Christ. Ils nous rappellent que, durant notre vie, nous aussi, nous aurons à lutter pour le Ciel. Nous aussi, nous aurons à discerner et à poser des choix éclairés. C’est notre vocation de chrétien, c’est notre vocation de saint(e) en chemin !

« Choisis donc la vie ! » (Dt, 30, 19)


. « Quand on sert Dieu, il faut être prêt à tout. » (fr. Zbigniew)
. « Quand on donne sa vie pour le Seigneur, il ne faut pas hésiter. » (fr. Michal)


Des informations complémentaires sur ces deux frères sont disponibles ici.

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Quelle pierre angulaire pour notre vie ?

Cette semaine, nous allons célébrer la fête de la Toussaint le 1er novembre avant de faire mémoire des fidèles défunts le lendemain. Nous avons donc choisi aujourd’hui de méditer sur la vie, sur notre vie, à partir de la parole ci-après tirée de l’Évangile selon Saint Matthieu (Mt, 21, 42) :

« La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! »

En d’autres termes, une question essentielle sera au cœur de cet article : sur quoi/sur qui bâtissons-nous notre vie? Pour aller plus loin, nous allons prendre une comparaison : notre vie est comme une maison, mieux comme une cathédrale. Pour bâtir une maison et plus encore une cathédrale, il faut : (1) des fondations solides, (2) une pierre angulaire, et (3) du ciment pour la cohésion de l’édifice. Ces trois aspects sont au cœur de notre méditation.

Les fondations.


Il faut creuser profond. Comme le puits de Jacob où la samaritaine venait puiser de l’eau. Il faut descendre en profondeur, et ce d’autant plus que la construction est grande et haute. Oui, il faut creuser pour découvrir la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l’Amour de Dieu. L’Amour de Dieu est la fondation de notre vie. Son appel à la vie est celui qui nous propulse du néant à l’existence. Nous avons toute notre vie terrestre pour le découvrir et l’approfondir. Cette découverte est parfois éblouissante : le Seigneur peut nous donner la grâce d’expérimenter son amour libre, gratuit, absent de jugement à notre encontre. Cet amour nous est toujours offert. Il ne nous juge pas, ne nous condamne pas, espère tout de nous. Il est prêt à tout pour nous sauver. Cette découverte peut aussi être le terme ou une étape d’un chemin plus douloureux de purification de nos attachements et de nos idoles, pour que nous l’aimions, lui, et non pas ses dons.

Il faut donc creuser profond dans la joie ou la souffrance. La persévérance est donc une qualité essentielle dans notre itinéraire vers Dieu.

La pierre angulaire.


Une fois les fondations creusées, il faut commencer à bâtir. Mais quelle pierre posons-nous d’abord? C’est l’heure des choix. Si nous plaçons Jésus au centre de notre vie, alors c’est lui qui va avoir la plus grande importance et il va nous aider à poser des choix porteurs de vie, d’amour et de fécondité. Notre maison sera bâtie sur le roc qu’est le Christ et nous serons armés pour lutter contre les difficultés et les souffrances de notre vie :

La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. (Mt 7, 25)

Si, dans notre liberté, nous choisissons une autre pierre angulaire que le Christ, des idoles vont prendre la place de Dieu au centre de notre vie. Nous pouvons en citer quelques unes (la liste n’est pas exhaustive) : réussite sociale, argent facile, avoir, pouvoir, etc. La cathédrale de notre vie se construit alors sur le sable et elle peut s’écrouler à tout moment :

La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. (Mt 7, 27)

En effet, ces idoles vont guider nos choix de vie, nous priver de notre liberté intérieure et nous rendre de plus en plus malheureux. Un peu comme le jeune homme riche de l’Évangile (voir ici).

Ainsi, la pierre angulaire que nous choisissons détermine notre qualité de vie, notre solidité intérieure. Plus que cela, elle va déterminer le choix des autres pierres que nous allons utiliser pour construire notre vie : choix porteurs de bonheur et de vie ou de malheur et de mort. Choisissons donc la vie ! (cf. Dt 30,19)

Le ciment de l’unité.


Enfin, il est illusoire de vouloir réaliser une construction sans disposer de ciment pour assurer la cohésion entre les différentes pierres. Une composante essentielle de notre vie est ainsi l’unité intérieure. Celle-ci est réalisée par le Saint Esprit. La qualité de notre unité est liée à notre docilité, notre écoute, notre silence intérieur pour laisser la place au Seigneur. « Demeurez dans mon amour », nous dit Jésus. « Écoutez et vous vivrez », disait le prophète Isaïe. Lorsque nous sommes unis intérieurement, nous sommes forts de la force de Dieu. « Qu’ils soient un », disait Jésus alors qu’il priait pour ses disciples présents et futurs, juste avant sa Passion. Il y a quelques mois, nous avons célébré la fête de la Sainte Trinité, l’un des dogmes de notre foi, un mystère que nous n’aurons jamais fini de découvrir. Il se résume en une phrase : ‘un seul Dieu en trois personnes‘. Mais comment trois personnes peuvent elles n’en faire qu’une seule? Mathématiquement c’est impossible. Mais il ne faut pas oublier la logique de l’amour. C’est l’amour qui fait l’unité. Le Père se donne au Fils, le Fils se donne au Père et la circulation d’amour est le Saint Esprit. Pourquoi Jésus n’a-t-il jamais cédé à la tentation? Parce qu’Il est toujours demeuré dans l’Amour du Père, parfaitement orienté vers le Père. Il avait une telle unité intérieure que le mal ne pouvait trouver aucun interstice où s’insinuer : « Le Père et moi, nous sommes UN », disait Jésus (cf. Jn 10, 30).

L’unité intérieure réalisée par le Saint Esprit est donc une des clés de la solidité de notre vie.

Une synthèse en trois phrases.


Donc pour faire de notre vie une belle cathédrale :

  • Creuser profond et découvrir l’Amour fondateur du Père pour chacun de nous,
  • Bien choisir notre pierre angulaire en mettant Jésus et sa Parole au centre de notre vie,
  • Soigner l’unité intérieure en cultivant le silence et en écoutant le Saint Esprit.

En un mot, il s’agit de redécouvrir le mystère d’Amour de la Sainte Trinité !

Cathédrale Notre Dame de Paris.

« A qui irions-nous, Seigneur?
Tu as les paroles de vie éternelle ! » (Jn 6, 68)

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Là où il y a la haine que je porte l’Amour

Amour-haine deux forces antithétiques si présentes dans nos vies. Souvent, autour de nous et par les médias, nous voyons passer des messages pleins de rage, pleins de haine, pleins de violence, pourquoi ? C’est l’objet de notre article d’aujourd’hui !

Pourtant, tout le monde veut la paix, la concorde et la fraternité. Les politiques et les économistes en parlent, les Églises les prêchent. Alors, pourquoi la violence fait-elle la une des médias ? Pourquoi la violence s’affiche-t-elle sans cesse dans l’ordinaire de notre vie ? Il nous semble que la raison est à chercher dans un grand vide existentiel. Notre société souffre d’un profond déficit d’intériorité, et, dans ce cadre, le côté primaire l’emporte… des tweets sans pitié, des débats sans pitié, … serait-ce que nous vivons dans un monde sans pitié ? Sommes-nous donc si durs et sans cœur ? Est-ce vraiment de ce monde-là dont nous rêvons ??

Nous sommes convaincus que, paradoxalement, des jeunes souhaitent un monde autre. Des jeunes anticonformistes désirent un monde différent, pacifié, juste et fraternel. Ils ne veulent pas perpétuer une société soumise à la réussite, à la productivité, à la frustration et à l’échec car ces « valeurs » n’engendrent que peur et violence. Dans notre monde sans sérénité, la prière attribuée à saint François n’est pas anachronique : mettre l’Amour là où il y a la haine est un sacré et urgent défi. Saint Maximilien Kolbe, prisonnier dans le camp de concentration d’Auschwitz, posa un geste lumineux dans l’enfer de l’extermination : il donna sa vie par Amour pour un autre homme (voir ici). Un geste d’Évangile, un geste fort d’un témoin qui toute sa vie s’était entraîné à se donner toujours plus au service de Dieu et des autres : « Qui perd sa vie la trouvera » (cf. Mc 8, 35).

Notre société a soif d’Amour et de paix ! Elle en a assez de toute cette violence qui blesse et fragilise ! Et si notre monde était prêt à faire naître des vocations pacifiques en réponse à cet appel de Jésus : « Les doux posséderont la terre » (cf. Mt 5, 5). La vocation franciscaine est faite pour susciter des hommes et des femmes remplis d’Amour. Non pas un amour mielleux, émotif et artificiel mais un Amour puissant, révolutionnaire, celui du Seigneur.


Vous imaginez un monde meilleur grâce à vous ?

Vous vous imaginez transmettre
cet Amour contagieux autour de vous ?

Entre le rêve et la réalité,
il n’y a qu’un pas : juste un choix.


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