Saint Sacrement et discernement

Dans le prolongement de notre dernier article sur le discernement (voir ici) et à quelques semaines de la très belle fête du Saint Sacrement, nous vous partageons ici l’enseignement que Suzanne Giuseppi-Testut a proposé à la fraternité Saint Damien de Narbonne sur ce thème. Elle a basé sa réflexion sur la première admonition de Saint François que vous pouvez retrouver ici et qui est, pour elle, le « fondement du discernement ». Le discernement sera entendu ici comme la connaissance de la volonté du Seigneur.

Suzanne Giuseppi-Testut est Franciscaine Séculière. Écrivain et conférencière, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages liés à la spiritualité de Saint François d’Assise. Elle anime également depuis plusieurs années, en France et à l’étranger, des retraites spirituelles destinées tant aux laïcs qu’aux fraternités séculières et aux communautés religieuses. C’est donc dans ce cadre qu’elle s’est arrêtée récemment dans notre couvent Saint Bonaventure de Narbonne pour donner cet enseignement. Nous vous souhaitons une bonne lecture.


Nous tenons à remercier chaleureusement Suzanne Giuseppi-Testut d’avoir mis à notre disposition son enseignement et de nous avoir permis de le reproduire intégralement sur notre site. Pour approfondir ces aspects, vous pouvez consulter les ouvrages de Suzanne Giuseppi-Testut. Elle propose d’ailleurs une mise en perspective de ses livres par rapport à ce thème ici. Vous pouvez aussi trouver un complément d’informations sur l’auteur et une brève synthèse de ses ouvrages ici et . Enfin, elle présente son dernier livre dans l’émission ‘Halte spirituelle’ de Véronique Alzieu sur RCF. Son interview est accessible en suivant ce lien.

 

 

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Frère François-Xavier, une vocation franciscaine

Dans notre dernier article (voir ici), nous avons échangé avec Fr. François-Xavier, gardien du couvent Saint Bonaventure de Narbonne et ancien custode provincial, sur la vocation et le don de soi. Aujourd’hui, nous revenons avec lui sur sa propre vocation et sur sa vision de la vie et de la foi chrétienne, alors qu’il s’apprête à quitter Narbonne où il a passé 24 ans pour rejoindre le couvent Saint Maximilien de Lourdes (voir ). Nous reproduisons ici l’entretien qu’il a accordé très récemment au quotidien régional ‘Midi Libre’ qui l’interrogeait dans le cadre de son départ. Rencontre donc avec fr. François-Xavier…

Quelques mots sur fr. François :
D’origine espagnole, Fr. François-Xavier est entré au noviciat des frères franciscains conventuels à 17 ans, juste après l’obtention de son baccalauréat. Après 7 ans d’études en Italie, il fait sa profession solennelle et rejoint l’Université Catholique de Toulouse où il obtient sa maîtrise de théologie. Il est ordonné prêtre à 26 ans et rejoint alors le couvent Saint Bonaventure de Narbonne en 1994. Il y passera 24 ans, proposant des initiatives originales et impulsant une dynamique forte dans cette région connue pour sa déchristianisation. Il sera également élu custode provincial et assumera cette charge de 2006 à 2018 (voir ) et vicaire épiscopal du diocèse de l’Aude. Fr. François-Xavier quittera Narbonne le 1er septembre 2018 et prendra la responsabilité du couvent Saint Maximilien de Lourdes. De plus amples détails sur son itinéraire ici.

« La bonté sauvera le monde. »
Fr. François – Xavier.

 

 

 

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La vocation : se donner pour mettre le feu au monde

Fr. François-Xavier (à gauche) recevant les vœux de fr. Jérémie-Marie (à droite).

Dans notre dernier article, nous avons évoqué le Dimanche du Bon Pasteur qui marque aussi la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. Nous avons médité le message que le Pape François a écrit à cette occasion, montrant que Jésus a – comme tout homme – discerné sa vocation (voir ici). Aujourd’hui, nous prolongeons notre réflexion sur ce thème avec une interview en deux épisodes de fr. François – Xavier, actuel gardien du couvent Saint Bonaventure de Narbonne. Nous vous proposons ici d’écouter le premier épisode où il répond sans détour aux questions que nous nous posons tous sur la vocation, le don de soi et le sens de la vie religieuse. Le second épisode, consacré au discernement, sera bientôt disponible. Nous vous souhaitons une bonne écoute.

« Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier! » Saint Jean Paul II, paraphrasant Sainte Catherine de Sienne à Tor Vergata lors des JMJ 2000 (texte intégral du discours ici).

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Le saviez-vous? Jésus aussi a discerné sa vocation !

Aujourd’hui, nous célébrons le 4e Dimanche de Pâques. Ce dimanche est aussi connu sous le vocable du dimanche du Bon Pasteur. Les lectures que nous avons écoutées nous révèlent l’identité messianique de Jésus :

« Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent […] et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jn 10).

Oui, Jésus donne librement sa vie pour nous sauver (voir ici et ). Les prêtres sont plus particulièrement appelés à ce don total de soi car ils sont configurés au Christ par le sacrement de l’ordre. C’est pourquoi le dimanche du Bon Pasteur marque aussi la Journée de prière mondiale pour les vocations. C’est sur ce thème que nous voulons réfléchir aujourd’hui à partir du message publié par le Pape François à cette occasion. Tout d’abord, il rappelle qu’au « centre de notre vie, il y a l’appel à la joie » et que « notre vie et notre présence dans le monde sont fruits d’une vocation divine. […] Il s’agit d’écouter, de discerner et de vivre cette Parole qui nous appelle et qui, tandis qu’elle nous permet de faire fructifier nos talents, […] nous oriente vers la plénitude du bonheur. ». Trois aspects donc qui vont être au cœur du message du Saint Père.

Écouter

Le Pape François relève d’abord que l’appel du Seigneur est souvent discret. Il est donc important d’être attentif à son passage dans notre vie. Comme le dit le Saint Père, « il convient se préparer à une écoute profonde de sa Parole et de la vie, à prêter aussi attention aux détails de notre quotidien, à apprendre à lire les événements avec les yeux de la foi, et à se maintenir ouverts aux surprises de l’Esprit. ». Comme Jésus l’a fait lui-même dans sa vie :

« Jésus aussi a été appelé et envoyé ; pour cela, il a eu besoin de se recueillir dans le silence, il a écouté et lu la Parole dans la Synagogue et, avec la lumière et la force de l’Esprit Saint, il en a dévoilé la pleine signification, référée à sa personne-même et à l’histoire du peuple d’Israël. ».

Discerner

Le Pape François explique ensuite que « chacun de nous ne peut découvrir sa propre vocation qu’à travers le discernement spirituel, un processus qui permet d’effectuer des choix fondamentaux pour sa vie, en dialoguant avec le Seigneur et en écoutant la voix de l’Esprit. ». Jésus aussi a fait cette démarche :

« En lisant, dans la synagogue de Nazareth, le passage du prophète Isaïe, Jésus discerne le contenu de la mission pour laquelle il a été envoyé et il le présente à ceux qui attendaient le Messie : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18-19). ».

Aujourd’hui aussi, nous devons apprendre à « développer notre capacité à “lire à l’intérieur” de notre vie et à saisir où et à quoi le Seigneur l’appelle pour continuer sa mission. ».

Vivre

« Vraiment « aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » (Lc 4, 20), affirme Jésus dans la synagogue de Nazareth. ».

Pour le Pape, cela signifie que : « la joie de l’Évangile ne peut attendre nos lenteurs et nos paresses ; elle ne nous touche pas si nous restons accoudés à la fenêtre, avec l’excuse de toujours attendre un temps propice ; elle ne s’accomplit pas non plus pour nous si nous n’assumons pas aujourd’hui même le risque d’un choix. La vocation est aujourd’hui ! La mission chrétienne est pour le présent ! Et chacun de nous est appelé – à la vie laïque dans le mariage, à la vie sacerdotale dans le ministère ordonné, ou à la vie de consécration spéciale – pour devenir témoin du Seigneur, ici et maintenant. ».

En guise de conclusion, nous laissons le Pape François t’adresser un appel, à toi, cher lecteur, qui que tu sois et où que tu en sois dans ta vie :

« Le Seigneur appelle encore à vivre avec lui et à marcher derrière lui dans une relation de proximité particulière, à son service direct. Et s’il nous fait comprendre qu’il nous appelle à nous consacrer totalement à son Royaume, nous ne devons pas avoir peur ! C’est beau – et c’est une grande grâce – d’être entièrement et pour toujours consacrés à Dieu et au service des frères.
Le Seigneur continue aujourd’hui à appeler à le suivre. Nous ne devons pas attendre d’être parfaits pour répondre notre généreux “me voici”, ni nous effrayer de nos limites et de nos péchés, mais accueillir avec un cœur ouvert la voix du Seigneur. L’écouter, discerner notre mission personnelle dans l’Église et dans le monde, et enfin la vivre dans l’aujourd’hui que Dieu nous donne. ».

Oui, Jésus lui-même a discerné sa vocation et l’a vécue. Et nous?

En complément, vous pouvez aussi trouver une belle méditation de Mgr. Follo sur le Bon Pasteur ici.

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Miséricorde et vocation

Nous avons célébré le deuxième Dimanche de Pâques la fête de la Divine Miséricorde. Cette fête a été instituée en 2000 par Saint Jean Paul II, le jour de la canonisation de Sainte Faustine Kowalska, une mystique polonaise dont vous pouvez retrouver une brève biographie à la fin de cet article. Dans le prolongement de cette belle fête, nous voulons méditer sur la miséricorde et mieux comprendre son lien avec notre vocation.

« Dieu est Amour », nous dit Saint Jean. Dieu se « résume » en un mot qui dit tout… Pourtant, dans l’Ancien Testament, le Seigneur apparaît souvent comme le Tout-Puissant, le Tout-Autre, celui qui fait justice : Adam et Eve sont chassés du Jardin d’Eden après le péché originel et depuis, aucun homme ne peut plus contempler le Visage de Dieu sans mourir. Même Moïse ne pourra avoir ce privilège (cf. Exode, 33, 19 – 23) :

Le Seigneur dit à Moïse : « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur. […] Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ; quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir. »

Dans le Nouveau Testament, la perspective change. Jésus au bord du lac de Tibériade se retourne et regarde les futurs apôtres André et Jean qui le suivaient (cf. Jn 1, 38). C’est le début de « l’ère » de la miséricorde qui va culminer à la Croix et dans le don de l’Esprit à la Pentecôte. La miséricorde, c’est ce « sentiment » que l’on éprouve lorsque son enfant ou quelqu’un de très proche est malade. Elle touche aux entrailles qui se retournent sous le coup de la douleur et de la peine. Et Dieu est père et mère. Comment ne souffrirait-il pas lorsqu’il nous voit souffrir? Contrairement à ce que nous pensons parfois, Dieu ne prend pas plaisir à notre souffrance. Comme si le Père avait pu prendre plaisir à voir Jésus souffrir sa Passion ! Mais Jésus était totalement libre, libre de répondre à sa vocation (cf. Jn, 10, 18) :

« Ma vie, nul ne la prend, c’est Moi qui la donne. »

Cela signifie qu’au moment de sa Passion, Jésus savait parfaitement ce qu’il faisait. Il était l’homme adulte accompli : il se donnait entièrement pour nous ouvrir les portes du Royaume et nous rendre la dignité de fils de Dieu que nous avions perdue en péchant. Car le péché n’est pas une question de morale, mais une question de vie ou de mort puisqu’il nous coupe de Dieu, la source de la Vie. C’est pour cela que le Seigneur a cherché Adam et Eve, que le Père attend inlassablement l’enfant prodigue, que le Bon Samaritain soigne le juif tombé entre les mains des ennemis, que le Bon Berger laisse 99 brebis en bonne santé pour chercher celle qui s’est perdue.

Et pour nous aujourd’hui ? La fête de la Miséricorde nous rappelle de quel Amour nous sommes aimés. Et cet Amour nous cherche et nous appelle par notre Nom. Peut-être parfois nous arrive-t-il de nous cacher, comme Adam et Eve ? Peut-être pensons-nous que nous ne sommes pas dignes d’être appelé? Il est l’Amour parfait. Il connaît notre faiblesse et sait de quoi nous sommes faits. Il veut que nous vivions en « ressuscités » : heureux, libres et debout. Notre vocation s’enracine dans son Amour qui nous a désirés depuis toute éternité. Il a un plan pour notre vie, une mission pour nous. Alors n’ayons plus peur et tournons-nous vers Lui. Répondons à son appel et mettons nos pas dans les siens. Nous annoncerons à tous sa miséricorde et nous mettrons le feu de l’Amour au monde… comme Saint François, Sainte Faustine et tous les grands saints…

On y va? 🙂

« Courage, lève-toi : Il t’appelle ! »

Vous pouvez trouver des informations complémentaires sur la fête de la Divine Miséricorde ici et . Nous vous proposons aussi découvrir la vie de Sainte Faustine Kowalska, une vie courte mais féconde dans le diaporama ci-après :

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De nouvelles communautés pour notre custodie

Nous venons de vivre la seconde partie de notre chapitre custodial à Lourdes du 2 au 5 février. Pendant ce chapitre, nous avons discuté de nos orientations futures et le définitoire nouvellement élu (voir ici) a procédé à la constitution des communautés de nos cinq couvents (Bruxelles, Cholet, Lourdes, Narbonne, Tarbes) pour les quatre prochaines années 2018 – 2022. Le résultat ? La composition de toutes les communautés est accessible sur le site de notre custodie ici et les photos correspondantes .

Les frères de la custodie de France – Belgique

Notre vie de frère est une vie itinérante de couvent en couvent, marchant simples, joyeux et fraternels, à la suite de Jésus et de Saint François, pour annoncer l’Évangile à tous ceux auxquels le Père nous envoie ! Vive la Mission !

 

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Qui cherches-tu?

Nous venons de vivre la Semaine Sainte. Elle est le sommet de l’année liturgique car elle nous montre jusqu’où le Seigneur est allé dans l’amour et le don de soi pour nous sauver. En effet, pouvons-nous imaginer les souffrances physiques, morales et spirituelles que Jésus a endurées depuis le Jardin des Oliviers jusqu’au Golgotha? Et cela « juste pour nous sauver, nous, pauvres pécheurs »? Car, comme le dit Saint Paul (Rm, 5, 7 – 8) :

« Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. »

Oui, la Passion de Jésus est bien la preuve que Dieu nous aime puisqu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jn, 15, 13)! Pendant la Semaine Sainte, nous avons écouté le récit de la Passion à deux reprises : d’abord à l’occasion du Dimanche des Rameaux dans l’Évangile de Marc (Mc, 14) et ensuite le Vendredi Saint dans l’Évangile de Jean (Jn, 18). Nous revenons sur ce dernier évangile, et nous allons mener notre méditation autour des première et dernière paroles de Jésus pendant sa Passion :

♦ La première est une question : « Qui cherchez-vous ? »
♦ La dernière est une affirmation : « Tout est accompli. »

La première question est essentielle car elle fait écho à deux questions similaires posées par Jésus au tout début puis à la fin de l’Évangile de Saint Jean. Ainsi, lorsqu’il s’exprime pour la première fois dans cet évangile, Jésus demande aux deux disciples qui le suivaient : « Que cherchez-vous ? » De même, après sa Résurrection, sa première parole sera pour demander à Marie-Madeleine : « Qui cherches-tu »? Il y a donc une évolution en trois questions de plus en plus ciblées et précises :

Que cherchez-vous? → Qui cherchez-vous? → Qui cherches-tu?

Jésus nous pose ces questions à nous aujourd’hui : où en est notre recherche, notre soif, notre désir de Dieu? Cherchons-nous quelque chose ou quelqu’un? Et si c’est le deuxième cas, sommes-nous conscients que ce quelqu’un a donné sa vie pour que nous ayons la vie?

La dernière parole de Jésus dans la Passion nous interpelle aussi. Il dit : « Tout est accompli ». Lorsqu’il meurt sur la croix, il a accompli sa mission : nous donner la vie éternelle. Il y a donc ici une véritable provocation pour nous : sommes-nous prêts à accomplir notre vocation, notre mission? Sommes-nous prêts comme Jésus à aller jusqu’au bout, à aimer jusqu’au bout? En se donnant totalement, Jésus a une vie d’une extraordinaire fécondité : de son sein coule des fleuves d’eau vive auxquels les hommes peuvent venir s’abreuver et guérir leurs blessures. Et nous? Oserons-nous nous donner à sa suite pour que notre vie soit belle, pleine, féconde ?

« J’ai accompli ma tâche. Que le Christ vous apprenne à accomplir la vôtre ! »
L’une des dernières paroles de Saint François d’Assise.

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Esprit Saint or not Esprit Saint, that is the question!

Dans notre dernier article portant sur l’interview du cardinal Tagle, nous avions évoqué le discernement vocationnel. Un discernement difficile pour lui, car il était attiré par la médecine et le sacerdoce, deux appels très différents mais qui ne sont pas sans point commun (voir ici). Aujourd’hui, nous nous intéressons au ‘discernement des esprits’ que l’on appelle aussi ‘discernement spirituel’. Il s’agit de savoir reconnaître si quelque chose (une pensée, une intuition, etc.) vient vraiment de Dieu ou non. La question est d’importance surtout lorsque cela touche à la vocation qui engage notre vie.

Mgr. Jean – Marc Eychenne, évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix, a accepté de nous aider à répondre à cette question. Nous l’avons rencontré à  l’occasion de son récent passage à Narbonne où il participait à une conférence-débat sur le thème ‘Agir ensemble’. Il nous a permis de reproduire in extenso l’article traitant de ce sujet qu’il a récemment publié sur le site de son diocèse. Nous vous le proposons ci-après :

« Continuant à tracer son sillon avec constance, le Pape François, en mars 2018, nous invite à prier pour que « l’Église tout entière reconnaisse l’urgence de la formation au discernement spirituel, au niveau personnel et communautaire. »

Un disciple de Jésus est quelqu’un qui se laisse guider par le souffle de l’Esprit. Il va où le Seigneur le conduit. Il reçoit de Lui à la fois la direction à suivre et l’énergie nécessaire pour avancer. Selon la belle expression de Madeleine Delbrêl, les chrétiens sont « des agis qui, sur les doigts du Saint-Esprit, sont un gant de peau bien souple ».

Mais comment s’assurer que ces élans qui nous habitent soient les fruits de l’action de l’Esprit plutôt que « de mauvais ferments de notre vieille nature » ? Certes, il y a des vents qui sont annonciateurs d’une pluie paisible et bienfaitrice, qui irriguera le sol et lui permettra de donner son fruit ; mais il y a aussi des vents de tempête, annonciateurs de destruction et de mort. Nous avons besoin, dans la solitude de la prière et dans la rencontre fraternelle, d’apprendre à discerner entre ce qui vient de l’Esprit de Dieu et ce qui vient de l’esprit du mal.

Sans doute nous faudrait-il nous engager dans un chemin éducatif, qui nous aiderait, sous la conduite du Seigneur et de son Église (comme pour les pèlerins d’Emmaüs en Luc 24 ou la Samaritaine en Jean 4), à poser des choix qui soient éclairés par la vraie Lumière. Ce serait un apprentissage, qui nous rendrait capables de nous laisser guider, de façon habituelle, par Dieu lui-même plutôt que par nos mauvais démons. Or, nous savons que, pour apprendre, s’initier à un savoir ou une pratique, il nous faut « prendre le chemin de l’école ». Pourquoi dans les semaines ou les mois qui viennent, ne pourrions-nous pas nous soucier de mettre en place une formation au discernement des esprits ? Nous serions aidés par des frères et des sœurs habitués à cela : des Jésuites ou bien encore des religieux et religieuses de spiritualité ignatienne.

Et si nous prenions date pour un tel projet ? »

+ Jean-Marc Eychenne – Évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix.

Nous remercions vivement Mgr. Eychenne de nous avoir permis de reproduire in extenso sa méditation. Vous pouvez découvrir ses articles sur le site de son diocèse ici. Vous pouvez également écouter la conférence-débat ‘Agir ensemble‘ organisée par nos frères de Narbonne sur leur site en suivant ce lien. N’hésitez pas à nous contacter si vous êtes en recherche et que vous avez besoin d’aide pour discerner.

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Et si Dieu avait un plan pour moi?

FvfMetroManila9848 22 (edit)Aujourd’hui, nous vous proposons de réfléchir sur le cheminement vocationnel à travers l’interview du Cardinal Luis Antonio Tagle. Né à Manille aux Philippines, il envisage d’abord de devenir médecin, avant qu’un prêtre – qui pensait qu’il était appelé au sacerdoce – ne l’inscrive à son insu pour passer l’examen d’entrée au séminaire. Il échoue à cet examen mais réussit celui d’inscription à la faculté de médecine. Il est alors de plus en plus attiré par le sacerdoce mais n’a plus aucun espoir d’entrer au séminaire car toutes ses demandes pour repasser les épreuves se soldent par des refus. Alors il prie beaucoup pour discerner sa vocation :

« Seigneur, montre-moi ton chemin dans cette confusion, car moi je ne le vois pas. »

Finalement, il est repêché in extremis par un prêtre jésuite chargé d’examiner les candidats. Il est ordonné prêtre pour le diocèse d’Imus aux Philippines en 1982. Il est ensuite nommé évêque de ce même diocèse par Saint Jean Paul II, avant de devenir archevêque de Manille et primat des Philippines en 2011. Il est enfin crée cardinal par Benoit XVI en 2012 et participe à l’élection du pape François en 2013. Dans cet article accessible ici, il donne quelques conseils utiles pour discerner sa vocation ainsi que son propre témoignage sur son parcours vocationnel quelque peu atypique. Nous vous livrons ici la conclusion qu’il en tire :

« Ma conclusion, c’est qu’il faut chercher sa voie tout en restant ouvert à ce que la vie a à offrir. Nous n’avons pas le contrôle sur tout. J’étais le dernier sur la liste d’inscription au séminaire, et je suis maintenant cardinal. Qui aurait pu croire une chose pareille ? Chercher sa voie demande des efforts personnels, mais il est également nécessaire de s’appuyer sur les autres. Nous avons besoin de gens qui nous connaissent et qui vont voir des choses que nous refusons de voir. […] Je dis aux jeunes de ne pas céder à la frustration. Parfois des jeunes s’effondrent quand leurs plans se cassent la figure. Dans ces cas-là il faut adopter une perspective plus large et se dire : « Et si Dieu avait un meilleur plan pour moi ? »

Vous pouvez consulter l’interview complète de Mgr. Tagle ici. Nous vous souhaitons une bonne lecture !


Dieu très haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur. Donne-moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité.
Donne-moi de sentir et de connaître, afin que je puisse l’accomplir, ta sainte volonté qui ne saurait m’égarer.
Saint François d’Assise.


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La genèse de la vocation : à l’origine, une tension

Dans notre société souvent bousculée par une certaine amnésie historique, il est très fréquent, même à la mode, de reconstruire son arbre généalogique. Cette démarche est révélatrice d’une nécessité psychologique fondamentale : savoir d’où l’on vient et qui sont nos ancêtres. Elle répond à la question des origines, du commencement. L’être humain a, par nature, besoin d’être rassuré par des points de repère le situant dans l’espace et dans le temps.

A la différence de la tradition grecque qui a une conception cyclique du temps, l’histoire du salut, dans la Bible, est conçue dans une notion de temps linéaire, donc avec un commencement et une fin. Ainsi, on peut mettre en évidence au moins trois types de commencement. D’abord, la Genèse présente le début du temps historique (cf. Gn 1,1) ; ensuite, l’Évangile de saint Marc évoque le commencement de l’avènement de Jésus Christ (cf. Mc 1,1) ; enfin, le Prologue de Saint Jean remonte au commencement absolu, aux profondeurs de Dieu (cf. Jn 1,1).

De même, dans chaque vocation, il y a une genèse, un commencement. Parfois, les frontières ne sont pas évidentes. Nous connaissons des vocations « à la Saint Paul » où l’appel est « clair et musclé » (voir notre article à ce sujet ici), et d’autres où il se dessine de manière plus discrète et progressive. Il est donc important d’être attentif aux signes.

La vocation se révèle quand le cœur est en tension, quand le cœur a soif, quand le cœur attend. Il y a un désir de plénitude au fond de l’être. L’être a besoin de se donner, de se dépasser, de grandir. Souvent, l’éveil de la vocation se traduit par une tension entre l’intérieur (besoin de Dieu, de force, de joie, d’amour) et l’extérieur (désir de donner, de se donner, de bâtir, de témoigner). Dans cette phase, il est crucial d’être accompagné par un « pasteur », un guide, dont la mission n’est pas de manipuler ou de diriger, mais au contraire d’éclairer et d’orienter vers le Bien.

Toi aussi, tu peux voir la genèse de ta vocation : ces signes simples mais clairs que Dieu te donne à l’intérieur, dans ton cœur, et à l’extérieur, par les autres.


Oui, Dieu parle dans la brise légère…

Écoutez et vous vivrez ! (Is 55, 3)


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