La Pentecôte : sortir de chez soi !

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de la Pentecôte. Chaque année, pour cette fête, nous méditons ce texte puissant tiré du livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 1-11) :


Une vocation s’inscrit naturellement dans le mouvement de l’Esprit. Notre instinct et nos fragilités nous disent : « Restez à l’intérieur de la maison, ne sortez pas. Il y a trop d’ennemis dehors, les juifs, les romains, … c’est trop dangereux. Qu’allez-vous raconter aux autres ? » L’Esprit nous dit : « Sortez ! Votre vie est dans le monde. Votre mission doit féconder le monde. Les langues différentes et les cultures différentes attendent ‘votre sel et votre lumière’ ».

Aujourd’hui, sans doute, les Parthes et les Mèdes sont loin et ne nous évoquent rien. Mais, qu’il est important pour nos contemporains d’entendre parler un langage nouveau, celui de l’Amour ! Ce langage est universel mais il se retrouve étouffé. Dans les médias, le langage est court, simple et parfois vide. On communique sans entrer en relation avec les autres. L’Esprit Saint nous pousse à communiquer l’Amour. Alors la relation est solide. Le contact est vrai. Alors on tisse des liens constructeurs. L’Esprit crée des ponts et fait tomber les murs.

Laissons l’Esprit Saint envahir nos vies. Il nous donnera la chaleur et la lumière dont nous avons besoin pour vivre.
Laissons l’Esprit Saint secouer nos vies pour retrouver la liberté perdue.
Laissons l’Esprit Saint se poser sur nous pour entamer des nouvelles relations.
Laissons l’Esprit Saint faire irruption dans nos vies pour que notre mission soit audacieuse.
Laissons l’Esprit Saint guider notre vie vers le bonheur sans fin.
Laissons l’Esprit Saint nous toucher pour changer.
Laissons l’Esprit Saint planer sur nos vies pour créer un monde nouveau.

Laissons l’Esprit Saint façonner notre vocation !

Viens Saint Esprit !

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Pourquoi pas nous ?

Dans l’un de nos derniers articles, nous avons évoqué Samuel, le prophète « chercheur de têtes » que le Seigneur avait surpris en appelant David, un jeune berger sans expérience, à devenir roi d’Israël (cf. ici). Mais cela ne semble pas être un « cas isolé ». Regardons cela de plus près car, nous le verrons, c’est très encourageant pour nous !

En effet, dans la Bible et l’histoire des hommes, nombreux sont ceux et celles qui ont été appelés et qui – au moins à vue humaine – ne semblaient pas les mieux taillés pour répondre à l’appel reçu. Quelques exemples peuvent nous venir à l’esprit : Moïse, un homme bègue, banni de la cour d’Égypte, est envoyé pour négocier avec Pharaon la libération d’Israël. Les premiers apôtres appelés sont des pêcheurs et n’apparaissent pas les mieux armés pour poursuivre l’œuvre de Jésus. Que dire de Matthieu, un voleur notoire, et de Saul de Tarse, un persécuteur et un meurtrier ? Pourtant, tous, ils donneront leur vie pour le Seigneur et l’annonce de l’Évangile. Ces appels ont continué à résonner dans le cœur des hommes tout au long de l’histoire. Ainsi, en est-il pour Francesco Bernardone, un jeune italien qui ne pense qu’à faire la fête et la guerre et qui se fera interpeller en songe : « Qui vaut-il mieux servir ? Le Maître ou le serviteur ? ». Il deviendra Saint François d’Assise. Et tant d’autres encore….

Ainsi, si nous analysons la genèse de la vocation de ces grands saints, nous pouvons partager l’étonnement que Samuel a éprouvé devant l’élection du jeune David. D’ailleurs, frère Massée, l’un des premiers compagnons de Saint François, ne s’y est pas trompé : « Pourquoi toi ? Pourquoi tout le monde te court-il après ? » demanda-t-il un jour à Saint François (cf. ici). Oui, alors pourquoi eux ? Tentons une réponse. Si le Seigneur n’avait appelé que ceux qui semblent dignes ou compétents à vue humaine, alors nous – hommes et femmes ‘normaux‘ du XXIe siècle – aurions pu dire : « Répondre à l’appel du Seigneur est réservé à une élite ». Mais, comme nous venons de le voir, ces hommes et ces femmes étaient exactement comme nous, avec des qualités, des défauts et certains – même – avaient commis des péchés graves. Que s’est-il passé ? Ils ont rencontré le Seigneur et ils ont répondu à son appel de tout leur cœur : Moïse devant le buisson ardent, les premiers apôtres au bord du lac de Galilée, Matthieu à son comptoir (cf. figure précédente), Saul de Tarse sur la route de Damas, François d’Assise à Spolète, etc. Tous, ils se sont laissés toucher par l’Amour de Dieu dans leur imperfection. Ils ont accueilli la grâce et se sont laissés peu à peu transfigurer. Comme les disciples d’Emmaüs et les Rois Mages avant eux, ils ont changé de route.

Et nous alors ? Si cela a été possible pour eux, pourquoi cela ne le serait-il pas pour nous? Le Seigneur sème largement, il appelle largement ! Il « sort sur la place » (cf. Mt 20, 1 – 16) et continue à appeler en tout temps les hommes et les femmes de bonne volonté (voir ici et ). Et il fait des miracles dans leur vie. La preuve ? Dans les exemples précédents. Il transforme les persécuteurs en apôtres, les faibles en courageux, les voleurs en honnêtes hommes, les fêtards en ascètes. Alors pourquoi ne pourrait-il pas faire de nous des saints, des témoins, chacun dans notre vocation propre ? Alors pourquoi pas nous ? Oui, pourquoi pas nous ?

« Rien n’est impossible à Dieu »
(Lc 1, 37).


Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. (1 Co 1, 26 – 29)


 

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La vocation : entre passé et futur…

Nous avons récemment célébré le Dimanche du Bon Pasteur et la journée mondiale de prière pour les vocations (cf. ici). Aujourd’hui, justement, nous vous proposons de méditer sur ce thème à partir de cet extrait de l’Évangile de la Pentecôte :

« L’Esprit Saint vous enseignera tout et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (cf. Jn 14, 26).

L’Esprit Saint garde l’Église dans la mémoire et l’oriente vers l’aventure de la mission. Dans une vocation, ces deux mouvements se retrouvent et s’entrecroisent :

  • D’un côté, la mémoire (pas la nostalgie !) faite de tout ce que nous sommes, de ce que nous avons reçu, de ce que nous avons entendu, de la confiance faite, de toutes les personnes qui sont passées dans nos vies pour enrichir notre patrimoine personnel et spirituel et faire de nous ce que nous sommes.
  • De l’autre, l’avenir, la vie, la mission. Les horizons s’ouvrent : quoi faire ? Comment faire ? Avec qui ? Où ?… Tant de questions et, au milieu de ces questions peut-être teintées d’inquiétude, surgit une réponse puissante : ‘Il vous enseignera tout !’ Oui, l’Esprit Saint nous enseigne TOUT. Il est le Maître intérieur. Il nous montre la voie à prendre, la voie à suivre. Jésus l’a promis et Jésus tient ses promesses.

Dans la vocation, pour certains, le passé peut nous donner une certaine sécurité (car bien connu…), tandis que le futur est source d’angoisse : ‘Est-ce que je tiendrai ? Serai-je capable ? Suis-je digne ? etc.‘ Pour d’autres, c’est le contraire : on veut laisser un passé tourmenté et douloureux pour tourner la page et commencer un avenir nouveau, plein d’espérance. En effet, chacun est le fruit de son histoire et chaque histoire est différente.

Notre joie, notre paix et notre certitude trouvent leur source dans la promesse que Jésus nous a faite : l’Esprit Saint ! Il nous donne l’Esprit Saint pour que nos vocations (peut-être fragiles) soient fortifiées par cette présence rassurante. Jésus nous appelle : non pas parce que nous sommes des saints mais pour que nous soyons saints, avec son Esprit ! Et alors le chemin est plus serein…

Bonne Route !

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Samuel, le prophète chercheur de têtes

Dans l’Ancien Testament, le prophète Samuel vit sa vocation en écoutant la voix de Dieu. Depuis l’enfance il a la capacité de dire : « Me voici Seigneur ! Tu m’appelles ? Je me donne à toi ! » Samuel cherche et trouve des rois pour Israël. D’abord Saül, puis David. Il est intéressant de voir que, dans le cas de David, Samuel cherche un roi à partir de l’apparence. Quand il voit les fils de Jessé, il se dit : « Le plus grand et le plus fort doit être l’élu de Dieu… » (cf. 1 Sm 16, 6 – 7). Mais le Seigneur lui donne une belle leçon :

« Non Samuel, toi, tu regardes l’apparence, l’extérieur. Moi, le Seigneur, je vois le cœur ! »

Au XXIe siècle, dans les temps troublés que nous vivons, avec les tiraillements que nous voyons dans l’Église et dans le monde, il est important d’ouvrir notre esprit à la créativité de Dieu. Il suscite des prophètes capables de lire les cœurs et de donner leur vie au service de Dieu et des autres. Oui, Dieu est toujours à l’œuvre, pour donner des réponses à l’humanité en quête de sens et d’orientation :

Combien de personnes souffrent d’une hémorragie de sens dans leur vie ?
Combien de personnes cherchent la paix et la joie ?
Combien de personnes se retirent de la course de la vie, faute de soutien et d’espérance ?
Combien de personnes restent à la superficie de la vie et ne découvrent pas la profondeur et la beauté de l’existence humaine ?
Combien de personnes ne savent pas que Dieu est un compagnon de route ?

Face à toutes ces questions existentielles, il est crucial d’éveiller des vocations au don de soi :

Oui, des vocations, des jeunes pleins d’enthousiasme pour communiquer la joie et l’espérance.
Oui, des vocations où l’amour et la compassion n’ont pas de frontières.
Oui, des vocations où l’on célèbre les talents de chaque être.
Oui, des vocations où l’on regarde l’avenir sans peur.
Oui, des vocations où l’on initie à la vie intérieure, à la vie fraternelle, à la mission.


Une vocation franciscaine est faite
pour éveiller à la vie et pour donner la vie !


Pour aller plus loin et mieux appréhender notre vocation dans les pas de Saint François, découvrez (ou re-découvrez) ces articles et bien d’autres sur ce blog (voir liste complète ici) :

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La vocation, promesse et risque !

Aujourd’hui, nous célébrons le 4e dimanche de Pâques ou Dimanche du Bon Pasteur où nous avons écouté l’Évangile éponyme (Jn 10). C’est aussi la Journée mondiale de prière pour les vocations. Nous vous proposons donc de revenir sur le message du Pape à l’occasion de cette journée, un message beau et riche qui s’adresse finalement à tous, jeunes et moins jeunes, puisque le Seigneur nous lance des appels tout au long de notre vie.

Le pape François a développé sa méditation selon deux axes : la « promesse » dont l’appel du Seigneur nous rend porteurs et le « risque » que nous sommes de fait « appelés » à prendre avec Lui pour répondre à notre vocation. Il s’est pour cela appuyé sur l’appel des premiers disciples près du lac de Galilée (Mc 1, 16 – 20). Tout d’abord, le Saint Père a rappelé que la vocation « n’est pas une cage » ou « l’ingérence d’un Dieu qui voudrait nous priver de notre liberté ». Elle est avant tout une « initiative amoureuse » par laquelle il « nous invite à entrer dans un grand projet, visant l’horizon d’une mer plus vaste et d’une pêche surabondante ». A travers l’appel, « le Seigneur veut nous faire découvrir que chacun de nous est appelé à quelque chose de grand, et que la vie ne doit pas rester empêtrée dans les filets du non-sens ». Ainsi :

La vocation est une invitation à ne pas nous arrêter sur le rivage avec les filets à la main, mais à suivre Jésus au long de la route qu’il a pensée pour nous, pour notre bonheur et pour le bien de ceux qui sont autour de nous.

Il s’agit donc de vivre une Pâques, c’est-à-dire un passage des rivages de la sécurité aux eaux profondes et fertiles de la vie en Dieu, avec Dieu. Nous sommes donc appelés à ‘passer’ de nos propres rêves et projets pour entrer dans ceux de Dieu, comme Israël est entré en Terre Promise (cf. ici). Mais, comme le rappelle le Pape, cela demande « le courage de risquer un choix » en nous « fiant à la promesse du Seigneur ». Et il encourage chacun d’entre nous, en particulier ceux qui perçoivent dans leur cœur un appel à la vie consacrée ou sacerdotale :

Il n’y a pas de joie plus grande que de risquer sa vie pour le Seigneur ! En particulier à vous, les jeunes, je voudrais dire : ne soyez pas sourds à l’appel du Seigneur ! S’il vous appelle pour ce chemin, […] faites-lui confiance. Ne vous laissez pas contaminer par la peur, qui nous paralyse devant les hauts sommets que le Seigneur nous propose. Rappelez-vous toujours que, à ceux qui laissent les filets et la barque pour le suivre, le Seigneur promet la joie d’une vie nouvelle, qui comble le cœur et anime le chemin.

Enfin, le pape nous encourage à regarder Marie, car « son “oui” a été le “oui” de celle qui veut s’engager et risquer, sans autre sécurité que la certitude de savoir qu’elle était porteuse d’une promesse. » Le pape nous pose alors deux questions qui peuvent nourrir notre méditation :

« Nous sentons-nous porteurs d’une promesse ? Quelle promesse à réaliser portons-nous dans le cœur ? »

En cette journée des vocations, rappelons-nous que Jésus est le Seul Bon Pasteur ! Les autres ne sont que des mercenaires et des voleurs qui ne viennent dans notre âme que pour voler, piller et détruire (cf. Jn 10, 10) ! Le désir de Dieu pour nous est le bonheur et la « Vie en abondance ! » Alors, avec le Saint Père, demandons-lui de « nous faire découvrir son projet d’amour sur notre vie, et de nous donner le courage de nous risquer sur la route qu’il a depuis toujours pensée pour nous. »


Quelques pistes pour aller plus loin

  • l’intégralité du message du Pape
  • l’Évangile du Bon Pasteur et une méditation
  • l’Année Saint François si tu as entre 18 et 30 et que tu désires te poser un instant pour te former, réfléchir sur le sens de ta vie, et discerner ta vocation.
    Contact : vocationfranciscaine@gmail.com
  • le témoignage de fr. Daniel – Marie (ci-après) à l’occasion de ses 25 ans d’ordination et ses 30 ans de vie religieuse : une vidéo pour faire écho au bonheur de suivre Jésus dans la vie religieuse franciscaine et sacerdotale.


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Regards croisés sur l’Année Saint François

Cliquez pour télécharger le flyer.

En prélude à la Journée mondiale de prière pour les vocations que nous célébrerons la semaine prochaine, nous revenons aujourd’hui sur l’Année Saint François. Comme vous le savez probablement, il s’agit d’une année de formation à destination des jeunes de 18 à 30 ans. Elle correspond au temps d’apprentissage des apôtres durant la vie publique de Jésus, et se veut être une sorte de « noviciat de la vie ». Elle est un lieu privilégié pour discerner sa vocation et se former tant humainement que spirituellement pour répondre aux défis de notre société. Nous vous proposons aujourd’hui de la découvrir (ou plutôt de la redécouvrir !) à travers les yeux de fr. Emidio – Marie, fr. François et fr. Jean – François – Marie, trois frères qui ont plus particulièrement contribué à sa fondation et à son développement. Trois frères donc pour trois regards qui se croisent sur l’Année Saint François ! Et… en bonus, vous retrouverez un album des jeunes qui ont osé cette aventure avec nous !

Toutes les informations sont accessibles sur cette page. Pour davantage de renseignements, n’hésitez pas à nous contacter !

Jésus leur dit : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Mt 28, 19 – 20.

Alors soyez missionnaires !

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Le temps pascal : un temps pour enfanter la vie !

Nous terminons l’octave de Pâques, cette période qui s’étend du Jour de Pâques au Dimanche de la Divine Miséricorde que nous célébrerons demain (cf. ici). Cette période nous rappelle que la Résurrection se prolonge par-delà la fête pascale (cf. ). C’est donc dans cette dynamique que nous vous proposons de méditer sur le sens profond du temps pascal que nous avons commencé à vivre et sur celui de notre vocation à la suite de Saint François.

Comme nous l’avons entendu le jour de Pâques : « La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne » (extrait de la séquence de Pâques). Tout le message de Pâques est concentré dans cet extrait. Pâques est donc la fête de la vie qui renaît. Le temps pascal est donc aussi un temps pour enfanter la vie. Voyons cela avec Saint Matthieu (Mt, 28, 1 – 10) :

Après le sabbat, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. […] Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Ce texte nous permet d’assister à la résurrection de Jésus à travers le regard de deux femmes : Marie – Madeleine et l’autre Marie. Ces deux femmes sont des proches de Jésus et se rendent au tombeau pour le servir une dernière fois, en accomplissant les rites funéraires traditionnels. Mettons-nous un instant à leur place : Jésus est mort et il n’y a plus rien à faire. C’est fini, terminé : le service du Maître, les moments privilégiés auprès de lui, leurs rêves, leurs projets… Nous aussi, nous avons nos propres tombeaux : ces endroits de notre vie où tout nous semble détruit, où nous disons : « là, c’est mort ! » (sic)… et parfois, nous sommes là, ne sachant plus que faire si ce n’est revenir auprès de nos tombeaux pour pleurer ce que nous avons perdu. Et même quand nous essayons de nous en éloigner pour avancer, nous nous y sentons ramenés inexorablement…

Pourtant, c’est précisément là que Jésus vient se manifester, comme il s’est manifesté à ces deux femmes à qui il a donné une mission : transmettre un message de vie pour relever ses apôtres ! Jésus vient dans nos lieux de morts pour nous ouvrir à la vie. Il transfigure nos blessures et leur donne fécondité. La résurrection de Jésus est la preuve que la mort, l’échec et la souffrance n’auront pas le dernier mot. Au verset 2, il nous est même dit que l‘Ange du Seigneur vint rouler la pierre et s’assit dessus. Pouvons-nous le croire ? Le Seigneur s’assied sur la pierre qui fermait le tombeau, cette pierre que l’homme limité avait roulée car il n’y avait plus rien à faire ! Il s’assied sur la mort ! C’est cela la joie de Pâques : le Seigneur est vainqueur et nous le sommes avec lui ! Le Maître de la Vie a remporté la victoire ! Pour nous, comme il l’avait fait pour Lazare (cf. ), il roule la pierre et brise les liens de mort qui nous ramenaient à nos tombeaux. Comme les femmes, il nous appelle et il nous envoie avec une mission à accomplir : la vie appelle le mouvement et l’activité.

Oui, comme les femmes, nous sommes envoyés pour témoigner de la Vie, témoigner qu’avec Dieu, rien n’est jamais perdu ! Avec lui, un tombeau devient un lieu où la vie peut renaître, parfois sous une forme différente, dans l’inattendu et la créativité dont lui seul sait faire preuve dans son Amour. Notre vocation franciscaine s’inscrit pleinement dans ce mouvement de vie, dans ce mouvement pour la vie. Notre vocation franciscaine est de réparer, de transfigurer, de crier la vie. En un mot, il s’agit de relever les cœurs ou les vies brisées que le Seigneur nous envoie. La fraternité et la mission sont au cœur de notre appel (cf. ). La vocation franciscaine est faite pour susciter des hommes et des femmes remplis d’un Amour puissant et révolutionnaire : celui du Seigneur !

Rejoins – nous ! 🙂

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Pâques : « Je crois au printemps de l’Église ! »

Saint François d’Assise a ouvert l’Église à un renouveau par une vie simple est cohérente. Il n’a pas sombré dans une idéologie violente. Sa ‘révolte’ est pacifique. Il réagit avec les armes de l’Évangile : annoncer la paix, l’amour et la réconciliation dans une société crispée, divisée, violente et fracturée. Si des frères prêtres ont écrit des pages sombres par leurs actes mauvais, le temps de Pâques nous pousse à écrire des pages lumineuses par des actes bons. Il ne s’agit pas d’être volontaristes ou naïfs. Il s’agit d’être chrétiens. Nous sortons d’un tombeau vers la lumière. Le froid et les ténèbres restent dans le tombeau.


Que nos actes soient lumineux !
Que nos paroles relèvent !
Que notre regard soit plein de compassion !
Que nos oreilles entendent les cris de ceux qui souffrent !
Que notre cœur soit gonflé de la sève de l’Amour !
Que notre esprit se renouvelle !
Que nos peurs disparaissent !
Que l’enthousiasme nous mobilise !
Que la vie du Christ nous réchauffe !
Que la Bonne Nouvelle se répande !
Que l’espérance triomphe !
Que la foi nous soutienne !
Que la joie soit contagieuse !

Oui, c’est Pâques !


Belle Route avec le Christ Ressuscité !


 

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De Saint Damien à Notre Dame…

« Va, François, et répare mon Église, qui, tu le vois, tombe en ruines ! »

Ces paroles du Christ en croix s’adressent à Saint François, alors qu’il était en prière dans la petite chapelle en ruines de Saint Damien, tout près d’Assise. Ces paroles résonnent étrangement à nos oreilles de frères franciscains, alors même que Notre Dame de Paris vient d’être ravagée par un terrible incendie. Comme un symbole de l’Église de France dévastée dernièrement par des scandales horribles.

Alors il nous semble entendre à quelques siècles d’intervalle la voix de Jésus Crucifié descendre de cette grande croix restée intacte à l’intérieur de la cathédrale et nous dire :

« Va et répare mon Église de France qui, tu le vois, tombe en ruines. »

Et si, comme Saint François, nous nous mettions en route? Au départ, François d’Assise n’avait pas tout compris de l’appel qu’il avait reçu et il a commencé simplement par rebâtir Saint Damien. Ce n’est que plus tard qu’il a mieux perçu sa mission et il a réparé l’Église universelle qui était – déjà à cette époque – en proie à de nombreux scandales. Face à l’incohérence de vie de certains membres du clergé, sa réponse à l’appel du Seigneur a été simple, radicale et limpide : il a proposé un retour aux sources, un retour à l’Évangile « brut, sans édulcorant ni conservateur » pourrait-on dire. « Notre règle est celle-ci », dira-t-il :

« Observer le Saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l’obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté ».

Ainsi, pauvreté, humilité, minorité, fraternité avec tous, simplicité, « réparation » de la paix, restauration de vies brisées, sont au cœur de notre charisme et de notre spiritualité franciscaine.

L’incendie qui s’est déclaré dans la cathédrale Notre Dame ne l’a pas totalement détruite : sa structure a été préservée, ses principaux trésors sauvés, et même de premiers appels (et de premiers fonds) se lèvent pour la rebâtir « encore plus belle qu’avant ». L’espérance déjà renaît… Ami lecteur, le Christ nous appelle à reconstruire son Église. Peut-être comme Saint François pouvons-nous commencer par Notre Dame :-), c’est-à-dire par ce que nous comprenons que le Seigneur attend de nous à cet instant ? Et Notre Dame conduisant toujours à son Fils, celui-ci saura bien nous révéler notre vocation et le projet d’amour qu’il a posé sur notre vie de toute éternité.

En ce Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie, à l’aube de ce Triduum Pascal si particulier, nous rendons grâce pour notre vocation de frère franciscain, et notre vocation sacerdotale pour ceux d’entre nous qui sont prêtres. Que le Seigneur nous donne à tous et à chacun la grâce de réparer son Église et notre société, là où il nous a placés. Que Notre Dame ouvre nos chemins !


Nous vous souhaitons un …


 

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Les Rameaux : Branches sèches et branches vertes


Aujourd’hui, nous célébrons la fête des Rameaux. Cette fête ouvre le temps de la Semaine Sainte et de la Passion. Elle évoque les branches et les feuilles des arbres. Elle nous renvoie au printemps, à la vie… La nature se réveille. Le chrétien veille.


L’Église vit un hiver sévère à cause des scandales. Les médias et la société la désignent comme une institution qui a déçu. Des hommes d’église ont profité de leur pouvoir pour dominer, manipuler et abîmer des personnes vulnérables. Nous portons cette croix. Le Vendredi Saint, Jésus ne répond rien face aux accusations, aux cris et aux crachats. Il prend sa croix et il va jusqu’au bout. Son attitude est un modèle pour nous. La tentation est grande de se défendre et d’accuser les autres. Jésus sort de Jérusalem avec sa croix en silence. Le temps est venu pour nous de sortir de cette situation, non par une logique défensive, mais par une logique de construction. Comme l’Évangile le rappelle, les branches sèches doivent être coupées et les fruits mauvais jetés. Mais ne restons pas là. A côté de la colère des uns due à l’incohérence de vie de certains membres du clergé, nous percevons aussi l’attente des autres devant la force du message de Jésus.

La Semaine Sainte offre aux croyants des signes forts pour croire et pour espérer. Le Jeudi Saint, Jésus lave les pieds aux disciples. Ce geste a du sens aujourd’hui. Laver les pieds : un geste étrange pour nous. Les pieds nous lient à la terre. Par les pieds, nous sommes au contact de l’humain, de tout ce qui est imparfait. Par le contact avec les autres, nous pouvons souiller, salir, blesser. Jésus lave, c’est-à-dire que, par son action, il nettoie les liens terrestres. Son geste nous invite à être attentifs à nos paroles et à nos comportements pour ne plus salir la vie de l’autre. Jésus fait un lien entre son geste et le commandement de l’amour.

En ces temps troubles, commençons par les pieds, par la base de notre vie. Commençons par rendre solide le socle de notre vie relationnelle et spirituelle. Si Jésus s’est mis à nos pieds, nous ne devons pas avoir honte de nous mettre aux pieds de nos frères. Cette attitude d’humilité n’écrase pas, elle soulage, elle relève.



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