Fr Piotr, une vocation franciscaine #2

Nous vous proposons aujourd’hui le deuxième volet de notre interview de fr. Piotr. La semaine passée, il est revenu pour nous sur sa vocation (cf. ici), nous expliquant comment le Seigneur l’avait peu à peu conduit chez les franciscains conventuels. Aujourd’hui, il nous partage ce qui l’attire dans la vie franciscaine.


Repas en communauté au couvent Saint François

Si comme Saint François, j’ai un grand respect pour les prêtres, je n’ai jamais souhaité devenir prêtre diocésain car je ne me voyais pas vivre seul dans un presbytère. Je désirais profondément partager ma vie avec les autres. C’est ce qui m’a attiré le plus chez Saint François et les franciscains : la vie fraternelle. Je désirais une vie communautaire pour prier ensemble, travailler ensemble, bref partager ma vie avec les autres frères. En effet, la vie fraternelle, communautaire, est pour moi source d’une grande richesse : chaque frère est différent avec ses qualités et ses défauts. Comme dans la vie de famille, il faut s’adapter, respecter l’autre et – surtout – apprendre à vivre ensemble, ce qui pour moi est une grande aventure ! Comme le dit Saint François, dans notre vie, nous devons accueillir tous les frères que le Seigneur nous donne. Il s’agit de voir en eux l’image du Christ. Je vis avec des frères de différentes nationalités, de différentes cultures, … En Pologne, j’ai vécu dans de grandes communautés d’une dizaine de frères d’âges variés. Arrivé à Narbonne, j’ai rejoint une communauté de trois frères de différentes nationalités où chacun avait sa propre expérience de la vie. C’était une grande richesse ! J’ai beaucoup appris, tant au niveau de la langue que de la culture ou de la spécificité de la vie en France. En Pologne comme à Narbonne, j’étais très impliqué dans la pastorale. Depuis que je suis arrivé à Cholet, ma vie est devenue plus contemplative, d’autant plus que les activités du couvent ont été réduites du fait de la pandémie. Ainsi, actuellement, notre vie se rapproche davantage de la vie dans un monastère, un peu comme dans l’arche de Noé : nous restons davantage au couvent et nous vivons plus intensément la vie fraternelle dans la prière, l’étude, le partage des tâches ménagères, etc. Pour moi, c’est merveilleux : je n’aurais jamais pu goûter cela en étant prêtre diocésain et je suis très heureux.

Lavement des pieds, rituel du Jeudi Saint.

Ainsi, après presque 20 ans de sacerdoce et 27 ans de vie religieuse, je découvre encore chaque jour le charisme franciscain qui s’incarne d’une manière différente selon l’endroit où le Seigneur me place. Je ne regrette pas d’avoir choisi de devenir franciscain. Pour moi, ces années qui viennent de s’écouler ont été des années très riches, pleines d’expériences, de rencontres, et de partages. Je ne pense pas que j’aurais pu vivre la même chose en restant dans le monde. Bien sûr, en devenant frère, on offre notre vie, nos qualités, notre temps pour servir le Seigneur et les autres. Mais en contrepartie, nous recevons tellement de Dieu : il est présent chaque jour dans l’Eucharistie, il nous rejoint. C’est notre force, le fondement de notre vie. Chaque jour, je remercie le Seigneur pour le temps qu’il me donne. Ce temps est tellement précieux qu’il faut le vivre pleinement, à 100 % : donner le meilleur de soi-même. C’est le sens de la vie !

Je ne peux donc qu’encourager tous ceux qui se posent la question de donner leur vie au Seigneur. Chacun peut trouver sa place et se réaliser pleinement dans l’Église. Pour ma part, l’ordre franciscain m’a permis de développer certains de mes talents. J’ai reçu dans ma vie beaucoup plus que ce que j’ai donné. J’ai beaucoup appris avec les frères que j’ai côtoyés. Je suis heureux. Notre vie est une aventure et l’on découvre notre vocation jour après jour. En disant oui au Seigneur, on le laisse nous façonner et il nous mène à bon port. Il faut juste oser se lancer, mais le saut de la foi apporte beaucoup de joie.

Le mot de la fin ? Quand j’ai découvert la vie de Saint François, j’ai vu combien le Seigneur avait changé sa vie et combien il était heureux. Alors je me suis dit : ‘pourquoi pas moi ?’ Je vais me mettre à la suite de Saint François. Je désire être « fou » comme lui, être saint comme lui. J’essaye de le suivre à ma manière et à mon rythme. Je compte sur Dieu pour être fidèle à ma promesse et mes engagements. Chaque jour, je renouvelle ma promesse et je dis au Seigneur : ‘Viens à mon aide. Avec toi, je suis capable de faire le bien, de répondre à ton appel.’


Nous remercions chaleureusement fr. Piotr d’avoir accepté de nous partager un peu de son histoire sainte avec le Seigneur!

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