Ne nous décourageons pas !

C’est en substance le mot d’ordre de la lettre qu’a adressée le pape François à ses « frères prêtres » à l’occasion des 160 ans de la mort du Saint Curé d’Ars. Cette lettre est organisée autour de quatre mots-clés : souffrance, gratitude, courage, louange. Nous revenons ci-après sur les points essentiels. Le texte intégral est accessible ici.

♦ Souffrance : le pape François relève que, devant les abus sexuels récemment mis en lumière dans l’Église, de nombreux prêtres « manifestent leur indignation, et aussi une certaine impuissance puisqu’en plus de l’effort du dévouement, ils vivent la souffrance qu’engendrent la suspicion et la remise en cause. ». Alors, en ‘bon pasteur‘, il encourage et ouvre à l’espérance :

« Je suis convaincu que, dans la mesure où nous sommes fidèles à la volonté de Dieu, les temps de purification de l’Église que nous vivons nous rendront plus heureux et plus simples, et seront, dans un avenir proche, très féconds. « Ne nous décourageons pas ! Le Seigneur est en train de purifier son Épouse et il nous convertit tous à Lui. Il nous fait faire l’expérience de l’épreuve, afin que nous comprenions que sans Lui nous sommes poussière. »

♦ Gratitude : Le pape François met l’accent sur la beauté de notre vocation sacerdotale et nous encourage à faire mémoire de « l’instant lumineux où nous avons fait l’expérience de l’appel du Seigneur à consacrer toute notre vie à son service ». Il exprime également toute sa gratitude aux prêtres, soulignant que la « reconnaissance est toujours une arme puissante » :

« Chers frères, merci pour votre fidélité aux engagements pris. Il est significatif que, dans une société et dans une culture qui a transformé ‘‘le superficiel’’ en valeur, il existe des personnes qui risquent et cherchent à assumer des engagements réclamant toute la vie. ».

♦ Courage : Le Saint Père souhaite « nous conduire à renouveler notre courage sacerdotal » et à « combattre pour être en mesure d’accomplir la mission que chaque matin le Seigneur nous offre : transmettre une bonne nouvelle, une joie pour tout le peuple. Non comme une théorie mais comme des hommes qui, au milieu de la douleur ont été transformés et transfigurés. » Il nous donne deux conseils précieux dans cette lutte :

« Pour maintenir courageux le cœur, il est nécessaire de ne pas négliger ces deux liens constitutifs de notre identité : le premier, avec Jésus. Chaque fois que nous nous séparons de Jésus, peu à peu notre réserve s’assèche et notre lampe à court d’huile n’est plus capable d’illuminer la vie. […] Le second : faire croître le lien avec votre peuple. Un ministre aimé est un ministre toujours en sortie ; et ‘‘être en sortie’’ nous conduit à marcher « parfois devant, parfois au milieu, parfois derrière : devant, pour guider la communauté, au milieu pour mieux la comprendre, l’encourager et la soutenir ; derrière, pour la maintenir unie et qu’elle n’aille jamais trop en arrière. »

♦ Louange : Le Saint Père nous présente enfin la figure de Marie qui « nous enseigne la louange capable d’ouvrir le regard à l’avenir et de rendre l’espérance au présent. […] Regarder Marie, c’est « croire à nouveau dans la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection. » Et le pape d’insister :

« Et si parfois nous sommes tentés de nous isoler, […] ou si la plainte, la critique ou l’ironie s’emparent de nos actions sans aucun désir de se battre, d’espérer et d’aimer, regardons Marie pour qu’elle nettoie notre regard de toute “poussière” qui peut nous empêcher d’être attentifs et éveillés pour contempler et célébrer le Christ qui vit au milieu de son Peuple. »

Avec cette lettre, comme un Père et un Pasteur, le Pape François nous exhorte et nous rappelle la beauté de notre vocation sacerdotale. Nous terminons en lui laissant la parole sur ce dernier aspect qui est au cœur de notre blog :

« Un jour, nous avons prononcé un ‘‘oui’’ qui est né et a grandi au sein d’une communauté chrétienne. […] Un ‘‘oui’’ dont la portée a eu et aura une importance si inconcevable que bien souvent nous n’arriverons pas à imaginer tout le bien qu’il fut et qu’il est capable de générer.

Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur. […] Toujours, mais surtout dans les moments d’épreuves, nous devons retourner à ces moments lumineux où nous faisons l’expérience de l’appel du Seigneur à consacrer toute notre vie à son service. C’est ce que j’aime appeler ‘‘la mémoire deutéronomique de la vocation’’ qui nous permet de revenir ‘‘à ce point incandescent’’ où la grâce de Dieu nous a touché au début du chemin. C’est à cette étincelle que nous pouvons allumer le feu pour aujourd’hui, pour chaque jour, et porter chaleur et lumière à nos frères et à nos sœurs. »

« Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis » (Jn 15, 15)

Priez pour nous afin que nous soyons qui nous devons être !

A propos Vocation Franciscaine

Nous sommes les frères franciscains conventuels de France - Belgique, l'une des trois branches masculines de l'ordre fondé par Saint François d'Assise. Notre vie est axée autour de trois piliers : prière, mission, fraternité. Nous vous accueillons ici sur notre blog dédié à la vocation avec cette salutation de Saint François : 'Que le Seigneur vous donne sa paix!'.
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