Être témoin de Pâques : une vocation, une mission

L’itinéraire des disciples d’Emmaüs (et aussi un peu le nôtre!).

Aujourd’hui, l’Église, dans sa pédagogie, nous amène à la rencontre des disciples d’Emmaüs (cf. ici). Deux disciples qui nous ressemblent beaucoup, tant leur parcours peut ‘coller’ avec nos propres chemins de vie, nos propres itinéraires. Pour ces deux disciples, Jésus était mort et bien mort et tout était fini. Bien sûr, la Pâque avait eu lieu puisqu’il nous est dit qu’ils avaient entendu dire que Jésus était ressuscité. Mais pour eux, c’était juste une ‘fake news’ comme l’on pourrait dire aujourd’hui. Et de fait, ils s’en vont « tout tristes » loin de Jérusalem. Ils n’ont pas vécu la Pâque au sens étymologique du terme, c’est-à-dire ce ‘Passage‘ de la mort à la vie, de la tristesse à la joie. Il leur manque la lumière pour « mettre du sens dans ce qu’ils traversent ». Alors, Jésus les rejoint sur leur route faite de désillusion, de déception, peut-être même de désespoir. Et, progressivement, à travers les Écritures puis la fraction du Pain, il va se manifester à eux. Leurs yeux vont s’ouvrir et ils vont le reconnaître au terme de leur itinéraire de foi. Il en est de même pour nous aujourd’hui.

Jésus, en particulier dans ce temps pascal, continue à nous accompagner sur nos routes humaines. Parfois, comme les disciples d’Emmaüs, nos yeux sont empêchés de le reconnaître. Pâques n’est pas seulement le souvenir de la résurrection de Jésus, mais la proclamation que la lumière a vaincu les ténèbres, que la vie a triomphé de la mort et que l’espérance est plus forte que la peur. La lumière du Christ, symbolisée par le cierge pascal que nous avons allumé dans la nuit de Pâques, ne se limite pas à la liturgie. C’est une réalité qui peut transformer la vie chaque jour et à chaque instant. Quand nous choisissons de vivre la vie dans le Christ, de pardonner, d’aimer, d’espérer, nous allumons cette lumière dans le monde. L’Écriture nous offre des paroles qui éclairent le chemin :

♦ Jean 8,12 : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
♦  1 Pierre 2, 9 : « Vous êtes appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

Ces versets nous invitent non seulement à célébrer Pâques mais à aller plus loin en adoptant un style de vie ‘pascal’. Un style de vie marqué par la confiance, par l’espérance, par l’amour. Un style de vie où nous vivons la lumière du Christ. Et que signifie ‘vivre la lumière du Christ’ ? Cela signifie (entre autres : chacun saura compléter selon son état de vie) :

♦ apporter la paix là où il y a conflit ;
♦ offrir une écoute là où il y a solitude ;
♦ choisir la vérité là où règne la confusion ;
♦ témoigner de la joie même dans les moments difficiles.

En notre temps, marqué par la haine, les guerres, les divisions et les incertitudes, la lumière du Christ est plus nécessaire que jamais. Le temps pascal nous rappelle que l’espérance n’est pas une illusion, mais une certitude. Le Cierge pascal, allumé dans la nuit de Pâques, est le rappel que Jésus nous accompagne sur nos routes humaines, dans les moments heureux et malheureux. C’est une invitation à nous laisser illuminer et à devenir nous-mêmes lumière pour les autres. Laissons donc la lumière du Christ ressuscité briller dans nos paroles, dans nos choix, dans nos gestes quotidiens. Portons cette lumière dans notre vie personnelle, dans nos maisons, dans nos lieux de travail, dans les communautés.

Le tombeau est vide, le cierge est allumé, l’espérance est vivante. Le Christ est la lumière qu’aucune obscurité ne peut éteindre. Vivons-la. C’est notre vocation, notre mission au cœur de ce monde!


Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant
à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant que l’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve soi-même,
c’est en pardonnant que l’on obtient le pardon,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la Vie.

Prière attribuée à Saint François d’Assise
que nous vous proposons de prier en cette 3e semaine de Pâques.


NDLR : Cet article est tiré de cette publication de nos frères italiens avec nos propres adaptations.

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