Triduum pascal : le passage du confinement au déconfinement

Nous entrons aujourd’hui dans le Triduum Pascal qui s’étend du Jeudi Saint au Dimanche de Pâques. Un Triduum que nous vivrons cette année d’une manière totalement différente puisque nous serons confinés comme Jésus a été confiné… Confiné? Jésus? Oui, et depuis longtemps… depuis sa naissance en fait quand il a choisi de devenir l’un de nous, acceptant d’être confiné dans un corps d’homme mortel, alors qu’il est Dieu. « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur », nous dit Saint Paul (Ph 2, 6-7). Tout est dit dans cette phrase. Toute sa vie, Jésus vivra ce confinement qui culminera dans le Triduum Pascal.

♦ Jeudi Saint : Jésus sait qu’il va mourir. Il s’abaisse encore en lavant les pieds de ses apôtres, un service traditionnellement réservé aux esclaves. Avec ce geste, il montre jusqu’où doit aller l’Amour. Lors de l’institution de l’eucharistie, il se confine dans un morceau de pain, dans un peu de vin. Par amour pour nous. « Faites cela en mémoire de moi », dira-t-il à ses apôtres. Ainsi nous ne serons plus jamais seuls.

Vendredi Saint : Jésus est arrêté, jugé et condamné à l’une des pires morts qui soit. Le voici confiné hors de la ville de Jérusalem, le voici confiné sur la croix dans un corps souffrant. Là, il fait l’expérience de l’abandon du Père et de la mort. Il donne sa vie pour anéantir notre péché. Il porte l’amour à sa perfection en pardonnant à ses ennemis : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » est l’une de ses dernières paroles. Il va au bout de sa mission de rédempteur. « Tout est accompli », dira-t-il encore.

♦ Samedi Saint : le jour du grand silence… celui de l’attente, celui de la foi. Jésus est confiné dans un tombeau, lieu de mort. A vue humaine, c’est terminé : la pierre est roulée, les gardes sont postés, les apôtres dispersés. La mort a gagné, le maître de la vie est confiné au tombeau… La nuit tombe, la foi veille.

♦ Pâques : le jour du « grand déconfinement ». Non progressif, mais immédiat : « Le maître de la vie mourut. Vivant, il règne » nous dit l’antienne pascale. Parce que la mort ne peut pas retenir le Fils de Dieu. Parce que le mal, la maladie, le péché ne peuvent pas avoir le dernier mot sur l’Amour. La pierre est repoussée, les gardes dispersés, le tombeau ouvert. Jésus est ressuscité. Notre foi n’est pas vaine. L’ange dira : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est en vie? ». Les femmes vont dire aux apôtres : « Il vous précède en Galilée ». La vie revient et avec elle la liberté de bouger, de se déplacer. Le corps de Jésus est glorieux. Il n’est plus soumis aux lois de la physique : il entre dans le cénacle fermé où se terraient les apôtres, il rejoint les disciples d’Emmaüs sur leur route, il apparaît à plusieurs personnes en même temps, … le confinement est terminé, la liberté de l’amour triomphe. Et la bonne nouvelle, c’est que nous aussi, nous vivrons ce déconfinement!

Oui, Jésus nous a précédés dans le confinement. Il nous précède encore dans le déconfinement, il nous rejoint sur nos routes. Il ne nous laisse pas seuls, présent dans l’eucharistie, dans sa Parole, …

Dans ce Triduum pascal où comme toi, Jésus, nous sommes confinés, fais-nous passer de la mort à la vie, du confinement dans nos problèmes, nos difficultés, nos souffrances au déconfinement de la découverte de ton amour pour nous et à la liberté qui en découle. Fais-nous passer du désespoir à l’espérance, de la croix à la résurrection. Accompagne malades et soignants, toi qui sais ce que servir veut dire, toi qui sais ce que souffrir et mourir veut dire. Sois le sauveur!

Nous vous souhaitons un Saint Triduum Pascal.

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :