Saint François d’Assise, un regard pascal sur la Création

Aujourd’hui, 4 octobre, nous célébrons la fête de notre père fondateur, Saint François d’Assise. Saint François est surnommé l’Alter Christus, l’autre Christ, car, à partir de sa conversion, il s’est laissé peu à peu conformer à Jésus, au point de recevoir les marques de la Passion sur le mont Alverne (cf. ici). Nous avions fêté l’an dernier les 800 ans de cet événement (cf. ). Cette année, nous célébrons un autre anniversaire, celui des 800 ans du Cantique des Créatures ou Cantique de frère soleil. Écrit à la fin de sa vie, ce cantique reflète le regard pascal que Saint François porte sur la Création presque au terme de sa route terrestre, éclairant sa vocation et la nôtre.

Le cantique des créatures (cliquer pour agrandir)

Rédigée en dialecte italien de l’Ombrie, cette prière est considérée comme l’une des premières œuvres de littérature en italien moderne. Les Sources franciscaines situent traditionnellement sa composition au printemps 1225, quelques mois seulement après les Stigmates. Saint François se trouvait alors à Saint Damien, très éprouvé et affaibli physiquement, en raison notamment d’une douloureuse affection des yeux qui le rendait presque aveugle et intolérant à la lumière. C’est donc, alors qu’il vient de recevoir les stigmates et qu’il ne voit presque plus, qu’il écrit ce cantique où… il contemple toute la Création. Quel paradoxe ! Et le regard qu’il porte sur cette dernière est un regard transfiguré, un regard pascal qui prend sans doute sa source dans son expérience mystique sur l’Alverne où il s’est trouvé confronté au mystère de la Passion et de la Résurrection. Ce regard avec lequel François contemple les créatures, mais aussi les réalités humaines et sa propre existence, est un regard de foi, qui voit en tout le signe du Dieu Créateur. Il ne s’agit donc pas seulement de la vibration d’un poète devant la beauté du monde, mais d’un regard élevé qui, par la foi, va en profondeur, faisant mémoire de l’œuvre de Dieu et le reconnaissant à partir de ses créatures.

La louange de François dépasse donc quelque peu la dimension « écologique » dans laquelle nous avons parfois tendance à l’enfermer : toutes nos réalités humaines, y compris la souffrance, la maladie, le pardon et la mort, prennent leur sens dans la perspective d’une vision intégrale (le pape François parlait d’ailleurs d’« écologie intégrale »). Pour nous, aujourd’hui, cela résonne d’une manière particulière, alors que nous vivons une année jubilaire consacrée à l’espérance et que nous fêtons aussi le 10e anniversaire de l’encyclique ‘Laudato Sii’ du Pape François, inspirée par le Cantique des Créatures. Qu’en cette année jubilaire, le Seigneur nous donne de porter sur notre société abîmée le même regard de foi et d’espérance que Saint François. Que par son intercession, Il nous donne d’en percevoir la beauté et de nous engager pour l’aimer et la réparer, chacun selon notre vocation, comme nous y invite notre frère le cardinal Bustillo dans son dernier ouvrage  ‘Réparation‘.

« Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »
Jésus aux pharisiens, Jean 5, 17.

« Loué sois-Tu, mon Seigneur ! » Saint François.

NDLR : Cet article est tiré de cette publication, avec nos propres modifications.

 

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