Pentecôte : suivre l’Esprit du Seigneur

Ce dimanche, nous terminons le temps pascal en célébrant la fête de Pentecôte. Nous revenons donc aujourd’hui sur le sens de cette fête.

Dans la tradition juive, la fête de la Pentecôte (Chavouot) célèbre le don de la Torah au Sinaï. Dans la foi chrétienne, cette fête, par le don de l’Esprit Saint, entraîne à accueillir une loi nouvelle dans la nouveauté de ce que le Christ a apporté de la connaissance du Père.

Le Christ nous laisse un commandement nouveau : celui de l’amour, jusqu’à l’amour des ennemis. Sa prédication entraîne la conversion de notre cœur pour laisser de plus en plus de place à l’Esprit Saint, comme saint Paul le rappelle lorsqu’il fait la distinction entre les fruits de la chair et les fruits de l’Esprit Saint. Accueillir le Christ, par le baptême et la confirmation, nous fait devenir des êtres nouveaux. Le désir de Dieu se renouvelle en nous par le travail de l’Esprit Saint, puisqu’il nous pousse à répondre à l’amour de Dieu.

Dans les biographies de Saint François d’Assise — notamment celles de Thomas de Celano, de Saint Bonaventure — l’Esprit Saint apparaît souvent comme la source de la conversion, de la prédication, de la joie et du discernement de François. Quelques passages significatifs soulignent particulièrement ces aspects :

  • Dans la Legenda Major, Saint Bonaventure décrit François comme un homme entièrement transformé par l’Esprit Saint, configuré au Christ : « L’Esprit Saint reposait sur son serviteur François avec une telle abondance que son âme semblait demeurer déjà dans les réalités célestes. » Sa prédication devient enflammée : « Quand il parlait de Dieu, il semblait embrasé du feu de l’Esprit Saint ». Cette image du feu rappelle directement l’Esprit Saint posé sur les apôtres comme des langues de feu à la Pentecôte.
  • fr. Thomas de Celano, dans la Première Vie de saint François (Vita Prima), décrit l’Esprit Saint qui pousse François à prêcher : « L’homme de Dieu, rempli de la grâce de l’Esprit Saint, parcourait villes et villages en annonçant le Royaume de Dieu. ».

François n’agit pas de lui-même : sa parole est présentée comme inspirée par l’Esprit. De même, lorsque François doit prendre une décision importante, il a recours à la prière afin de connaître la volonté de Dieu : « Il ne voulait rien faire selon son propre esprit, mais en toute chose chercher ce qui plaisait à l’Esprit du Seigneur. », nous livre Thomas de Celano dans la Seconde Vie. Cette expression revient souvent dans les sources franciscaines : « Suivre l’Esprit du Seigneur ». Et c’est ainsi que l’on retrouve dans notre règle de vie ce conseil :

« Les frères doivent désirer par-dessus tout avoir l’Esprit du Seigneur et son opération. » (Règle bullée (1223), chapitre X).

Ainsi, François ne demande pas d’abord l’efficacité, le savoir ou les œuvres, mais d’apprendre à recevoir l’Esprit, et de laisser l’Esprit agir. Cela passe aussi par renoncer à une volonté propre – égoïste pour faire taire l’orgueil et devenir disponible à la grâce. Car s’il est une chose qui vient entraver le travail de l’Esprit Saint en nous, c’est bien le péché qui obscurcit et rétrécit notre cœur dans sa capacité d’aimer et de se donner. N’oublions donc pas de recevoir le sacrement de la réconciliation régulièrement !

Saint François désire que nous entrions dans cette vie nouvelle de l’Esprit. L’intimité avec le Christ qu’il développe et vit à travers la Parole et les sacrements, dans le silence de la prière ou bien dans le quotidien, laisse entrevoir la présence de l’Esprit Saint. Il en est de même pour nous. En invoquant la présence de l’Esprit Saint pour vivre notre vie avec foi, nous recevons l’inspiration nécessaire pour discerner, dans le concret de l’existence, ce qu’il convient de dire, de taire, d’entreprendre ou d’éviter. Et voici les dons que l’Esprit Saint répand dans le cœur de ceux qui l’accueillent (cf. Ga 5) :

  • La sagesse : connaître Dieu.
  • L’intelligence : comprendre la signification de la Parole de Dieu.
  • Le conseil : agir avec prudence.
  • La force : agir courageusement.
  • La science : connaître Dieu et tout ce qu’il a créé.
  • La piété : aimer profondément Dieu.
  • La crainte de Dieu : tellement aimer Dieu que l’on craint de l’offenser.

En un mot, pour François, la vraie sainteté n’est pas d’abord une performance morale : c’est une vie conduite par l’Esprit Saint. C’est ce que nous demandons au Seigneur en cette fête de Pentecôte, sûrs qu’il veut nous le donner puisque c’est notre vocation de chrétien. 


Viens, Esprit Saint, en nos cœurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière
!


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