Au cœur de ce mois de septembre, nous célébrons trois fêtes importantes : demain lundi, l’Exaltation de la Sainte Croix ; mardi, Notre Dame des Douleurs ; et enfin, jeudi, les stigmates de Saint François. Trois fêtes donc, comme un ‘triduum’ qui nous permet de faire mémoire de la Passion de Jésus et de l’Amour qu’Il nous a ainsi manifesté. La Croix est donc le fil conducteur de ces trois fêtes. Elle est aussi au cœur de la vocation de Saint François comme l’avait rappelé le Pape François lors de sa première visite à Assise en 2013 (cf. ici).
« D’où part le chemin de François vers le Christ ? Il part du regard de Jésus sur la croix. Se laisser regarder par Lui au moment où il donne sa vie pour nous et nous attire à Lui. François a fait cette expérience particulièrement dans la petite église de saint Damien, durant sa prière devant le crucifix. Sur ce crucifix Jésus n’apparaît pas mort, mais vivant ! Le sang coule des blessures de ses mains, de ses pieds et de son côté, mais ce sang exprime la vie. Jésus n’a pas les yeux fermés, mais ouverts, grand ouverts : un regard qui parle au cœur. Et le Crucifié ne nous parle ni de défaite, ni d’échec ; paradoxalement, il nous parle d’une mort qui est vie, qui enfante la vie, parce qu’elle nous parle d’amour, parce que c’est l’Amour de Dieu incarné, et l’Amour ne meurt pas, au contraire, il triomphe du mal et de la mort. Celui qui se laisse regarder par Jésus crucifié est re-créé, il devient une « nouvelle créature ». Tout part de là : c’est l’expérience de la Grâce qui transforme, le fait d’être aimés sans mérite, tout en étant pécheurs. »
Le crucifix de Saint Damien est la synthèse de la vocation franciscaine. François a été appelé par le Christ en croix. Et à la croix, François sera fidèle et obéissant, reconstruisant l’Église, alors défigurée par le péché, comme le crucifié le lui avait ordonné. Et comme le relève le Pape François, « la réalité fondamentale que le Poverello nous donne en témoignage est ceci : être chrétien c’est une relation vitale avec la Personne de Jésus, c’est se revêtir de Lui, c’est s’assimiler à Lui. » Au point que Saint François recevra les stigmates sur le mont Alverne… (cf. ici).
Devant le Crucifix de Saint-Damien, François s’exprima par une prière « vocationnelle » que nous pouvons faire nôtre cette semaine :
« Dieu très haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur ; donne-moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité ; donne-moi de sentir et de connaître, afin que je puisse l’accomplir, ta sainte volonté qui ne saurait m’égarer. »
Nous terminons avec cette prière du Pape François :
« Nous nous adressons à toi, François, et nous te demandons : apprends-nous à rester devant le Crucifié, à nous laisser regarder par Lui, à nous laisser pardonner et recréer par son amour. »
Et ainsi, nous pourrons répondre à son appel.
NDLR : cet article a été inspiré par cette publication de nos frères italiens avec nos propres ajouts et modifications. Le texte intégral de l’homélie du Pape François est accessible là.
