Nous voici déjà au 1er janvier 2025. Comme chaque 1er janvier, nous ouvrons l’année en célébrant une solennité ‘Sainte Marie, mère de Dieu’ qui clôt l’octave de Noël. Comme vous le savez, 2025 est une année particulière puisqu’il s’agit d’une année jubilaire. Cette tradition proclamée par le pape Boniface VIII remonte à 1300. Elle a lieu tous les 25 ans. Le Pape François, fidèle à la tradition de l’Église enracinée dans les prescriptions bibliques, a déclaré 2025 « année sainte ». Il nous encourage à être « Pèlerins de l’Espérance » (cf. bulle d’indiction ici). Qui mieux que Marie aujourd’hui peut nous conduire sur ce chemin si exigeant, tant la situation actuelle mondiale peut nous paraître difficile ? Elle a tout vécu : depuis l’Annonciation où un ange lui a dit qu’elle serait la mère du Sauveur jusqu’à la mort de son Fils sur la croix et à sa résurrection… C’est donc avec elle que nous avons choisie d’entamer notre pèlerinage 2025. Pour cela, nous avons choisi de reprendre un extrait de l’homélie que fr. Paul, actuellement en communauté à Cholet, a prononcé pour le 4e Dimanche de l’Avent. Ce jour-là, la liturgie de la Parole nous conduisait à méditer la Visitation, un épisode où la Vierge, alors enceinte de Jésus, part retrouver sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte de Jean-Baptiste, alors qu’elle est déjà âgée. Nous laissons la parole à fr. Paul que nous remercions chaleureusement.
Au cœur de la liturgie de la Parole d’aujourd’hui se trouve la scène de la Visitation de la Vierge Marie. Cet épisode de l’Évangile selon Luc témoigne de la manière dont Dieu se révèle à travers la rencontre humaine, la joie partagée et l’émerveillement devant la vie.
Marie, qui porte le Seigneur en son sein, se hâte de rejoindre Élisabeth. Elle n’est pas simplement en chemin ; elle est le chemin par lequel Dieu vient vers nous. En visitant sa cousine âgée, Marie nous révèle que Dieu lui-même prend l’initiative de venir à notre rencontre, même dans nos moments de doute, de solitude ou de stérilité spirituelle. Dieu, en effet, rend possible ce qui semble impossible.
Le tressaillement de l’enfant dans le sein d’Élisabeth est un symbole puissant. C‘est une réaction profonde et immédiate à la présence de Dieu. Cela nous invite à nous poser une question importante : est-ce que notre foi provoque encore en nous ce tressaillement ?
Un cœur croyant n’est jamais indifférent. Il est touché par la vie, il est émerveillé par la beauté de la création et par la dignité de chaque être humain. Ce tressaillement devant la vie est le contraire d’un cœur éteint, endurci ou cynique. Et l’Évangile nous rappelle que la foi est une force vivante, capable de renouveler même les cœurs les plus endurcis.
Ce tressaillement ne s’arrête pas à la simple contemplation de la vie. Il s’étend à notre relation avec le prochain. Dans le geste de Marie allant à la rencontre d’Élisabeth, nous voyons un exemple concret de l’amour en action. La visite de Dieu se manifeste dans la simplicité d’une rencontre humaine. Dieu nous appelle à nous ouvrir aux autres, à tressaillir pour leurs joies et leurs peines, et à être présents, comme Marie, avec une sollicitude sincère.
Alors, comment pouvons-nous concrètement raviver ce tressaillement de foi ? Tout d’abord, en répondant à l’appel de la prière. La prière ouvre nos cœurs à la présence de Dieu et nous permet de reconnaître son action dans notre vie. Ensuite, en cultivant un esprit de gratitude pour les merveilles que Dieu accomplit chaque jour. Enfin, en nous engageant activement au service des autres, surtout des plus vulnérables.
Ainsi, Marie, partant à la rencontre d’Élisabeth, devient en quelque sorte la première pèlerine : elle porte Jésus, le Messie, l’espérance de tout le peuple juif, à sa cousine. Et celle-ci en retour tressaillit. Encore aujourd’hui, notre société attend des paroles de foi, d’espérance, de vie pour tressaillir à son tour. Puissions-nous, en 2025, être comme Marie et devenir avec elle des ‘Christophores’, c’est-à-dire des porteurs du Christ comme nous y invitait déjà le Pape François en 2016, pour l’année sainte de la Miséricorde (cf. ici). Que, poussés par le Saint Esprit, nous soyons des pèlerins d’espérance!
Bonne, Heureuse et Sainte Année à tous!

