Aujourd’hui, nous terminons la semaine missionnaire mondiale avec le dimanche des missions. La mission est une composante essentielle de notre charisme. D’ailleurs, dès le début de l’ordre, Saint François a envoyé ses premiers frères deux par deux pour annoncer la Bonne Nouvelle. Mais la mission s’appuie sur la contemplation. C’est ce qu’a rappelé récemment le pape Léon XIV en recevant les moniales dominicaines contemplatives, « la vocation contemplative, dans l’esprit dominicain et dans l’Église tout entière, ne se situe pas en marge de la mission, mais en est le cœur battant ». Ainsi, les frères franciscains peuvent-ils s’appuyer sur la prière des sœurs clarisses, comme les frères dominicains sur celles des moniales dominicaines, comme le relève Léon XIV dans son intervention :
« Dès le début, les moniales des premières communautés féminines, se consacrant principalement à la prière contemplative et à l’étude, accompagnaient par la pénitence la prédication des frères, partageant ainsi le même charisme. Le principe de saint Thomas d’Aquin, selon lequel on transmet aux autres le fruit de sa propre contemplation, reprend l’intuition de saint Dominique, selon laquelle toute parole d’annonce, pour être vraie, doit tirer son origine du silence, de l’écoute, de la prière et d’une relation profonde avec Dieu. »
Oui, mission et contemplation sont complémentaires. Le pape François a éclairé ces aspects dans l’une de ses audiences générales (cf. ici) :
« Contempler n’est pas avant tout une manière d’agir, mais c’est une manière d’être: être contemplatif . Être contemplatifs ne dépend pas des yeux, mais du cœur. Et c’est là qu’entre en jeu la prière, comme acte de foi et d’amour, comme « souffle » de notre relation avec Dieu. La prière purifie le cœur et éclaire le regard, en permettant de saisir la réalité d’un autre point de vue. (…) Tout naît de là: d’un cœur qui se sent regardé avec amour. La réalité est alors contemplée avec des yeux différents. (…)
Certains maîtres de spiritualité du passé ont entendu la contemplation comme étant opposée à l’action, et ils ont exalté ces vocations qui fuient le monde et ses problèmes pour se consacrer entièrement à la prière. En réalité, dans la personne de Jésus-Christ et dans l’Évangile, il n’y a pas d’opposition entre contemplation et action, non. Dans l’Évangile, il n’y a pas de contradiction en Jésus. (…)
Il y a un unique grand appel dans l’Évangile, et c’est celui à suivre Jésus sur la voie de l’amour. Tel est le sommet, tel est le centre de tout. Dans ce sens, charité et contemplation sont synonymes, elles disent la même chose. Saint Jean de la Croix soutenait qu’un petit acte d’amour pur est plus utile à l’Église que toutes les autres œuvres mises ensemble. Ce qui naît de la prière, ce qui est purifié par l’humilité, même s’il s’agit d’un acte d’amour aparté et silencieux, est le plus grand miracle qu’un chrétien puisse réaliser. »
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus disait qu’une épingle ramassée avec amour peut sauver une âme. Elle est co-patronne des missions avec Saint François-Xavier, sans jamais avoir quitté son monastère. C’est dire l’importance de la contemplation pour la mission et la complémentarité des vocations dans l’Église. Alors, aujourd’hui, nous prions bien sûr pour tous les missionnaires et pour tous ceux qui témoignent à temps et à contre-temps du message du Christ. Mais nous portons aussi ceux et celles qui « nous portent » chaque jour dans leur prière silencieuse, avec une pensée particulière pour nos sœurs clarisses. Nous rendons grâce pour la diversité des vocations dans l’Église !
