La France accueillera le pape Léon XIV du 25 au 28 septembre. En prélude à sa venue, nous avons choisi de partager avec vous quelques éléments de sa rencontre avec des jeunes de spiritualité franciscaine lors d’une visite pastorale qu’il a effectuée à Assise cet été. À cette occasion, les jeunes ont pu échanger avec le pape sur des questions actuelles et essentielles, notamment autour de l’Église, de la vocation, de l’engagement, de la manière d’être chrétien. Nous vous proposons ci-dessous quelques extraits des réponses du Saint-Père marquées, vous le verrez, par une touche franciscaine. Vous pouvez retrouver l’intégralité de son intervention en suivant ce lien.
♦ Comment être d’authentiques disciples du Christ et apporter l’espérance à nos contemporains?
On demandera de plus en plus aux chrétiens de devenir des artisans de paix au sein de sociétés tentées d’instrumentaliser la religion pour opposer les identités. Être témoins du Christ reste donc fascinant et exigeant, car cela élargit l’esprit et le cœur au-delà des frontières artificielles, c’est-à-dire au-delà des peurs induites par la désinformation et des murs de préjugés. (…) Apprenez de saint François la radicalité évangélique, qui est à l’opposé du fondamentalisme : elle ne rend pas aveugles ni violents, mais sensibles, attentifs, toujours à la suite de Jésus et donc humbles, accueillants envers tous. Ce n’est pas facile, mais cela procure beaucoup de joie. (…) L’Évangile, c’est sa vie, son chemin, sa confiance inébranlable dans le Père.
♦ Comment s’engager « pour toujours » dans un monde où règne la culture du provisoire ?

Décider pour toujours ne nous enferme pas dans une cage, mais nous ouvre à un dynamisme plus grand. Aimer, c’est un exode, une route à découvrir, un chemin que Dieu parcourt avec nous, et c’est là le vrai sens de toute vocation. La Bible nous inspire à vivre ainsi : comme ceux qui sont appelés à se lever, à parcourir leur propre histoire en recevant du Seigneur, comme un don, une direction et un sens, pour aimer selon ses desseins. La foi, la confiance révèlent ici leur lien indissoluble. Ainsi, dans la foi, nous démasquons l’illusion selon laquelle les problèmes se résolvent en fuyant, en trahissant ou en essayant de faire quelques pas sur des chemins toujours différents, sans jamais aller loin. (…) Dès l’adolescence, il est donc important d’apprendre à se connaître, à se décider et à s’engager – c’est-à-dire à répondre au Seigneur qui appelle – sans cesser de le faire à l’âge adulte, au regard des décisions déjà prises et face à celles qui restent à prendre. C’est une aventure dans laquelle personne ne doit se sentir seul et qui, comme la foi, durera jusqu’au dernier instant. (…) Grâce à Dieu, toute vocation est aussi un chemin de rédemption et de guérison. L’invitation de Jésus, qui nous appelle à le suivre, illumine notre dignité et nous fait honorer celle des autres, en éprouvant de la confiance et en donnant confiance : cette dynamique est si libératrice qu’elle mérite toute notre passion.
♦ Comment aimer l’Église malgré ses crises et la réparer comme Saint François ?
Le désir de Jésus, comme nous le voyons dans le groupe qui se forme dès le début autour de lui, est de rassembler un peuple où ce qui divise généralement les êtres humains est surmonté. Autour de Jésus, des hommes et des femmes qui, autrement, ne se seraient jamais rencontrés ni fréquentés, deviennent frères et sœurs. (…) Le désir de Jésus pour l’Église est clair : il s’agit de devenir son corps et de manifester sa vie, de suivre son exemple et d’exercer un autre type de force, qui n’humilie pas, mais élève. La Parole de Dieu, les sacrements et la pratique de l’amour fraternel sont des voies de transformation pour réaliser en nous l’image du Christ. François les a parcourues : ne pas dominer, mais servir ; ne pas s’emparer, mais recevoir ; ne pas retenir, mais rendre : c’est la vie de Dieu qui répare l’Église et en fait un peuple libre, un lieu de répit et de salut.
« François, va réparer ma maison qui, comme tu le vois, est toute en ruines ! » (FF 1038) : chacun de nous a un rôle à jouer dans ce chantier toujours ouvert. (…) Alors, nous parlerons de l’Église avec l’affection avec laquelle on parle d’une Mère, car nous reconnaîtrons que nous lui appartenons.
Que ces quelques paroles puissent nous aider sur notre chemin et nous orienter vers le Seigneur qui nous appelle. Qu’elles nous préparent aussi à accueillir le Saint-Père sur notre sol! Prions pour que ses paroles touchent les cœurs!

