Aujourd’hui, nous réfléchissons avec le Pape Léon XIV sur la vocation sacerdotale. Le Saint Père a en effet reçu les prêtres de son diocèse de Rome, leur prodiguant des conseils et partageant avec eux son expérience lors d’une séance de questions-réponses. Nous vous en proposons quelques extraits. Vous pouvez retrouver le texte intégral de cet échange ici :
♦ Quels conseils à de jeunes prêtres?
« Le jeune prêtre peut offrir aux jeunes un modèle de vie, en montrant qu’être ami de Jésus peut véritablement enrichir leur existence. Mais cela signifie que le prêtre lui-même, jeune ou moins jeune, vit une vie d’amitié avec Jésus, offrant à ces jeunes non seulement un exemple, mais une expérience de vie susceptible de transformer leur existence. »
♦ Sur le prêtre et … l’IA :
« D’ailleurs, je vous exhorte à résister à la tentation de préparer vos homélies à l’aide d’une intelligence artificielle. De même que les muscles du corps s’atrophient s’ils ne sont pas sollicités, le cerveau a besoin d’être utilisé. De même, notre intelligence, votre intelligence, doit être exercée régulièrement pour ne pas perdre cette capacité. Mais elle a besoin de bien plus, car pour prononcer une véritable homélie, c’est-à-dire partager la foi, l’IA ne pourra jamais le faire ! »
♦ Sur le prêtre et la communauté dont il a la charge :
« Si l’on veut aimer quelqu’un, il faut d’abord le connaître. Si vous voulez aimer et servir une communauté, il est très important de la connaître. (…) Une partie de la réponse réside dans l’importance d’une vie de prière. Non pas seulement le fait de réciter le Bréviaire le plus rapidement possible, sans prendre le temps d’être avec le Seigneur, d’écouter la Parole de Dieu, de prier avec les Psaumes, de louer le Seigneur. Mais aussi la capacité d’entrer en dialogue, d’écouter vraiment et d’exprimer les difficultés que je porte dans mon cœur : « Pourquoi, Seigneur ? Que veux-tu de moi ? Que puis-je faire ? ». Ainsi, forts de cette expérience d’une vie authentiquement enracinée dans le Seigneur, nous pouvons offrir quelque chose qui ne nous appartient pas. Ce n’est pas en raison de qui je suis que j’offre ce que je suis. »
♦ Sur la fraternité sacerdotale :
« Nous sommes tous humains ; nous éprouvons des sentiments, des émotions et bien d’autres choses encore. Mais en tant que prêtres, nous pouvons offrir des modèles où les prêtres sont véritablement amis, frères, et non ennemis ou indifférents les uns aux autres. »
♦ Sur la valeur de la vie humaine et la beauté de la vocation sacerdotale :
« Ce que je dis, c’est que, même si la perfection est impossible, il faut se préparer, d’une certaine manière, à accepter, le moment venu, l’âge, la vieillesse, la maladie et la solitude. (…) Si l’on vit sa vie comme un cheminement qui nous porte en avant, malgré le poids des années, et souvent – jeune ou vieux – avec la maladie et les difficultés, on aura la capacité, avec la grâce de Dieu, d’accepter la croix, les souffrances qui en découlent, car on le fera avec le même esprit de prière et de sacrifice que celui qu’on a manifesté le jour de son ordination sacerdotale, lorsqu’on a dit au Seigneur : « Oui, Seigneur, je veux te suivre en toutes choses et accepter ce que la vie me donne comme faisant partie de ta volonté. » (…)
Tout est cheminement, tout est une manière d’entrer dans la vie avec un certain esprit de gratitude. Je n’en ai pas encore parlé, mais commençons par la gratitude d’avoir été appelés au sacerdoce. Nous oublions souvent combien notre vocation est grande et combien elle est importante pour la vie de l’Église. (…) Le Seigneur nous a appelés à être ses amis, ses disciples, ses serviteurs, et c’est là la plus belle des choses ! Ainsi, vivre dans un esprit de gratitude dès le premier jour de mon sacerdoce m’aidera à vivre, même âgé, même malade, à dire : « Merci, Seigneur, pour la vie, pour le don que tu me fais. » (…) Nous devons être les premiers à témoigner de la grande valeur de la vie. Et la gratitude tout au long de la vie est essentielle. L’humilité aussi. L’humilité : cette attitude qui consiste à reconnaître que ce n’est pas moi, mais le Seigneur qui m’a donné la vie, qui nous accompagne et nous porte dans ses bras, même dans nos moments de plus grande faiblesse. Le Seigneur est là, avec nous. Et vivre avec cet esprit donne vie et espérance.
Que le Seigneur nous accompagne sur notre chemin à sa suite, que nous soyons jeunes prêtres ou plus âgés, que nous soyons encore au séminaire, en formation ou bien simplement au début de notre recherche vocationnelle. Et si cher lecteur, chère lectrice, vous êtes laïc, priez pour les évêques, les prêtres, les séminaristes, les jeunes en discernement : le monde a besoin de saints prêtres !
