« Vous êtes le sel de la terre. (…) Vous êtes la lumière du monde. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Mt 5, 13-16)
Ces paroles de Jésus ont résonné pour nous en ce dimanche à quelques encablures du carême. Et elles ont une certaine tonalité vocationnelle car elles ont trait à notre identité et notre mission de chrétien. C’est donc sur ce thème que nous avons choisi de méditer aujourd’hui guidés par Mgr. Follo. Quatre aspects ont retenu plus particulièrement notre attention dans la méditation qu’il a proposée sur ces thèmes (texte intégral ici) :
♦ Jésus d’abord est sel et lumière : le sel de la terre et la lumière du monde, c’est Jésus-Christ. Le disciple, par sa participation au Christ Jésus, par le don du Christ Jésus, possède donc cette saveur, cette saveur particulière, grâce à laquelle il peut donner de la saveur au monde entier.
♦ Sel et lumière, l’identité des chrétiens pour être signe : « Vous êtes le sel…, vous êtes la lumière… ». Jésus annonçait d’abord la nouvelle identité, donnée par Dieu à ceux qui l’écoutent et le suivent. Ses disciples, tous les chrétiens, sont déjà, et non par choix ou mérite, lumière et sel pour l’humanité entière. Dans notre identité chrétienne est inscrit un devoir, une mission ; non comme un devoir qui s’ajoute après ou de l’extérieur, mais comme la conséquence naturelle de ce que nous sommes. Comme ça l’est pour le sel et pour la lumière : nous le sommes pour le monde entier : signe que Dieu existe et qu’il est le Père, et que le Christ est la Lumière faite homme, qui rend à l’homme la lumière des yeux et celle du cœur.
♦ Sel et lumière pour être témoin : les martyrs sont par excellence le sel et la lumière du monde. Certes, ils le furent de manière héroïque, mais nous sommes appelés nous aussi à être des témoins (le mot grec « màrturos » veut dire témoin), sans nous préoccuper de savoir quoi faire. Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires. C’est une question de sel, d’être le sel qui sale. Si nous fondons comme le sel, nous donnons du goût à la vie du monde, nous édifions une culture de la vie et une civilisation de l’amour.
♦ Sel et lumière pour se donner et aimer : « On n’est pas lumière si l’on n’est pas dans l’amour. (…) Jésus nous demande d’avoir cette attitude : aider celui qui est dans le besoin pour être lumière du monde. Dans un monde dominé par l’indifférence, l’égoïsme, Jésus nous demande d’aimer pour être « lumière » ; il enseigne à aimer d’un amour capable d’éclairer comme la flamme d’un chandelier. Dans une humanité défiant continuellement la mort, il faut du sel pour lui redonner du goût et la joie de vivre. Personne ne mange une cuillère de sel toute seule, mais on la met dans la nourriture pour la rendre plus goûteuse. Aussi, notre amour ne doit-il pas se concentrer sur nous-mêmes mais sur les autres. C’est avec l’amour réciproque que la vie acquiert du goût, reçoit un sens, transmet joie et bonheur. Dans la lumière, notre amie, les hommes trouvent la vraie lumière : la lumière de la vraie vie.
À travers ces quelques mots « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde », Jésus nous rappelle le sens de sa mission et de son témoignage et, de fait, le sens de notre mission, de notre vocation de baptisé, de disciple. Nous sommes appelés à donner notre vie, chacun selon notre vocation propre, au service du Christ et de nos frères. Il s’agit de ‘fondre au cœur du monde’ pour lui redonner sens, goût, chaleur, vie. En somme, pour le réparer, à la suite de François d’Assise et de tous les saints, comme nous y invite d’ailleurs notre frère, le cardinal François Bustillo dans son dernier ouvrage ‘Réparation‘. Que le Seigneur nous donne de répondre à cet appel, chacun selon notre état de vie. Notre monde a besoin de témoins désireux de donner leur vie pour l’Amour.
« Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde. Et aujourd’hui, vos voix, votre enthousiasme, vos cris – tous pour Jésus-Christ – résonneront jusqu’aux extrémités de la terre … Le monde a besoin de messages d’espérance ; vous êtes ce message, et vous devez continuer à donner de l’espérance à tous. » Léon XIV, jubilé des jeunes, 2025.

