Série ‘Est-il vrai que les frères…’, épisode #3 : « Notre vie consiste à vivre l’Évangile! »

Nous continuons notre série sur les préjugés et stéréotypes que certains peuvent avoir sur la vie religieuse. Il s’agit d’une série initiée par nos frères italiens pour éclairer notre vocation et ‘tordre le cou’, parfois avec un brin d’humour, à certains préjugés que l’on entend ici et là au gré de nos rencontres. Alors, précédemment dans notre blog, nous nous demandions s’il était vrai que les frères restaient toujours enfermés au couvent et que nous passions tout notre temps à prier. Réponse ici et . Aujourd’hui, dans ce troisième épisode, nous abordons un autre préjugé, peu flatteur pour nous :  est-il vrai que les frères ne travaillent pas et ne font rien de leur journée?


Il faut bien reconnaître que ce stéréotype a la vie dure, tant l’imaginaire collectif est empreint de l’image du religieux, être séraphique qui « plane », insouciant, dans des champs fleuris, ou qui marche paisiblement dans une église en priant son 38e chapelet de la journée, sans autre souci que celui-là… C’est donc à ce stéréotype que nous nous attaquons aujourd’hui. Et pour cela, nous ouvrons le feu (du Saint Esprit bien sûr! 🙂 ) avec la Parole de Dieu. Écoutons ce que nous dit Saint Paul :

« Quand nous étions chez vous, nous vous avons donné cette règle : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. En effet, nous apprenons que certains parmi vous vivent dans le désordre, sans rien faire et toujours en agitation. À ces gens-là, nous donnons cet ordre et cette exhortation dans le Seigneur Jésus Christ : qu’ils travaillent dans le calme pour manger leur propre pain. Et vous, frères, ne vous lassez pas de faire le bien ! » (2 Thessaloniciens 3, 10-13)

Et continuons avec Saint François. Dans son Testament, il écrit :

« Moi, je travaillais de mes mains, et je veux continuer à travailler ; et je veux fermement que tous les autres frères travaillent, dans un métier qui soit honnête. Ceux qui ne savent rien faire doivent apprendre, non par cupidité ou pour recevoir une récompense, mais pour donner l’exemple et éviter l’oisiveté. Et si jamais on ne nous donne rien en échange du travail, recourons à la table du Seigneur, en demandant l’aumône de porte en porte. » (Testament, 20-22)

Donc, Paul a travaillé. Saint François, homme très concret, a travaillé et veut que ses frères travaillent. Mais alors, que font vraiment les frères de leur journée ? En fait, notre travail dépend de la communauté où nous résidons : paroisse ou simple couvent, proche d’un grand centre de pèlerinage tel que Lourdes ou Assise, petite ville de province comme Narbonne ou Cholet, ou bien grande cité comme Bruxelles. Les missions du frère franciscain sont variées. Et toutes sont résumées dans le prologue de notre règle :

La règle et la vie des Frères Mineurs est celle-ci: observer le saint évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l’obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté.

Voila : c’est tout simple et… très général. La règle n’indique pas précisément ce que doit faire un frère franciscain (cf. vidéo en fin d’article). C’est pourquoi, parmi les frères, ‘on trouve de tout’ :

certains ont la charge d’une paroisse et célèbrent baptêmes, mariages, obsèques, premières communions ou professions de foi, animent le catéchisme ou l’aumônerie, accompagnent des personnes dans l’écoute ou le sacrement de la réconciliation, etc. C’est le cas de nos frères à Narbonne par exemple.

♦ d’autres sont en mission près d’un sanctuaire où ils rendent des services pour célébrer les sacrements (confessions, eucharisties), accueillir les pèlerins, etc. C’est le cas de nos frères au Pavillon Saint Maximilien de Lourdes, mais aussi ceux présents à Padoue, à Assise ou ailleurs. N’hésitez pas d’ailleurs à leur rendre visite à l’occasion!

♦ d’autres encore sont aumôniers à l’hôpital, en prison, en EHPAD, visitant les malades, les prisonniers, les personnes âgées et apportant une aide sociale aux pauvres (cf. le Pain de Saint Antoine dans notre couvent de Bruxelles tous les mardis) ou bien aidant à la réinsertion des toxicomanes ou alcooliques.

Prédication fr. Jean- François Marie♦ d’autres sont prédicateurs ou enseignants, ou bien forment les jeunes frères au postulat, noviciat, post-noviciat. Et bien sûr, en corollaire, d’autres se forment, étudient, préparent des diplômes.

♦ d’autres enfin travaillent à l’intérieur du couvent, surtout si la communauté est importante : courses, ménage, activités administratives de toutes sortes, soin du jardin, des frères âgés dans les couvents dédiés.

Et la liste n’est pas exhaustive! Comme vous le voyez, notre vie, nos missions, sont vraiment très variées et s’incarnent d’une manière différente selon le couvent où nous sommes. C’est la richesse de la vie franciscaine! Ainsi, selon nos responsabilités, notre vie est parfois intense, et il faut admettre que le risque de l’épuisement peut nous guetter comme nombre de nos contemporains. Mais nous avons aussi des remèdes : notre vie de prière et de fraternité ! Un frère se perd quand, sous prétexte de travail, il arrête de prier ou de vivre avec ses frères. Maintenir l’équilibre n’est pas facile, mais c’est seulement dans cet équilibre prière-fraternité-travail que notre vie devient, peu à peu, féconde, belle, authentique. Oui, notre vie consiste en ceci : ‘vivre le Saint Évangile’!


Vous pouvez retrouver la version italienne de cet article ici et les deux premiers épisodes de la série en Français [1] [2]. Et dans la vidéo ci-dessous, fr. Grégoire revient sur la naissance de l’ordre franciscain, son charisme et l’originalité de sa règle de vie évoquée dans cet article.

 

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