Après le Dimanche Laetare où nous avons contemplé le Père miséricordieux qui, par son amour, embrasse et réhabilite le fils prodigue (cf. ici), la liturgie nous invite aujourd’hui à méditer la femme adultère et l’attitude de Jésus. Une attitude remplie de miséricorde et de délicatesse comme nous le montrent Mgr. Follo et le Pape François. Une attitude inspirante qui peut nous aider à soigner notre relation à Dieu, à nous-mêmes et aux autres. Morceaux choisis :
♦ Des gestes et un regard : « Jésus s’est abaissé pour écrire et a touché le sol, il s’est mis à la hauteur de la femme pécheresse. Dans ce geste, profondément simple, il y a une théologie profonde : Dieu dans la chair du Fils est venu toucher notre terre. Tout est terrestre devant Jésus, mais Il touche la terre pour la ramener dans l’orbite du ciel. (…) Pour enseigner la miséricorde, Jésus écrit sur le sable, comme pour indiquer que les paroles des accusateurs ont pour lui l’inconsistance de la poussière ; il grave son pardon sur le cœur de la femme adultère (…). Et, Lui, le seul sans péché, dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre », pour signifier que celui qui veut l’application de la Loi doit d’abord l’appliquer à lui-même. Quand la femme fut conduite à Lui, Jésus baissa les yeux pour ne pas la blesser, pas même du regard. Après l’avoir pardonnée, il leva ses yeux vers elle et la femme comprit que le Christ voyait en elle une grandeur et une dignité que le péché ne peut détruire. Il se mit à l’appeler comme il appelait sa mère, Marie : « Femme », aux noces de Cana et sur la Croix, signe suprême de la miséricorde de Dieu. »
Mgr. Follo, méditation des textes du 5e Dimanche de Carême, Zenit

♦ La rencontre de la misère et de la miséricorde : « A la fin, il ne reste que Jésus et la femme, là, au milieu: « La misère et la miséricorde », dit saint Augustin. Jésus est le seul sans faute, le seul qui pourrait jeter la pierre contre elle, mais il ne le fait pas, parce que Dieu « ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (cf. Ez 33, 11). Et Jésus congédie la femme avec ces paroles magnifiques: « Va désormais ne pèche plus ». Et Jésus ouvre ainsi devant elle un nouveau chemin, créé par la miséricorde, un chemin qui demande son engagement à ne plus pécher. C’est une invitation qui vaut pour chacun de nous : quand Jésus nous pardonne, il nous ouvre toujours une voie nouvelle pour avancer. En ce temps de carême, nous sommes appelés à nous reconnaître pécheurs et à demander pardon à Dieu. Et le pardon, à son tour, tout en nous réconciliant et en nous donnant la paix, nous fait recommencer une histoire renouvelée. Toute vraie conversion vise à un nouvel avenir, à une vie nouvelle, une vie belle, une vie libérée du péché, une vie généreuse. N’ayons pas peur de demander pardon à Jésus, parce qu’il nous ouvre la porte de cette vie nouvelle. »
Pape François, Angélus du 7 avril 2019
Des gestes forts et un regard qui relèvent cette femme adultère et la sauvent de la mort. La bonne nouvelle? C’est qu’ils sont pour nous aujourd’hui aussi. « Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité », nous dit Saint Paul (He 13, 8). Et il est venu pour que nous ayons la vie en abondance (Jn 10,10). Dans le sacrement de la réconciliation, derrière le prêtre qui nous accueille, c’est Jésus qui nous reçoit, nous pardonne, nous relève. Alors comme pour cette femme adultère qui aurait dû mourir, un nouveau chemin de vie s’ouvre pour nous aussi et nous pouvons répondre à son appel. Alors l’espérance naît. Car avec lui, tout est possible!
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour. (Ps 102, 8)
