Le Carême, un temps pour entrer dans l’espérance

Nous sommes entrés en Carême mercredi dernier avec l’imposition des cendres. Pour cette première semaine, nous vous proposons de lancer notre Carême avec le message que le Pape François a publié à cette occasion, un message qui revêt une tonalité très particulière cette année. Partant du constat d’un défaut d’espérance prégnant dans nos sociétés actuelles, le Saint Père nous invite à changer notre perception du Carême pour le vivre différemment et entrer dans une dynamique de vie. Ainsi, pour lui, le Carême est un temps pour …

♦ redécouvrir l’Amour de Dieu.

Le Carême est le temps de la grâce durant lequel le désert redevient le lieu du premier amour (cf. Osée 2, 16-17). Dieu éduque son peuple pour qu’il sorte de l’esclavage et expérimente le passage de la mort à la vie. Comme un époux, il nous ramène à lui et murmure à notre cœur des paroles d’amour.

se convertir, lutter et grandir en liberté

Dieu ne s’est pas lassé de nous. Accueillons le Carême comme le temps fort durant lequel sa Parole s’adresse de nouveau à nous : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage » (Ex 20, 2). C’est un temps de conversion, un temps de liberté. […] Contrairement au Pharaon, Dieu ne veut pas des sujets, mais des fils. Le désert est l’espace dans lequel notre liberté peut mûrir en une décision personnelle de ne pas retomber dans l’esclavage. Cela implique une lutte : le livre de l’Exode et les tentations de Jésus dans le désert nous le disent clairement.

♦ reconnaître notre péché et décider des changements de vie concrets.

L’exode de l’esclavage vers la liberté n’est pas un chemin abstrait. Pour que notre Carême soit aussi concret, la première démarche est de vouloir voir la réalité. […] Le parcours de Carême sera concret si nous reconnaissons que nous sommes encore sous la domination du Pharaon. Une domination qui nous épuise et nous rend insensibles, [avec] deux questions : « Où es-tu ? » (Gn 3, 9) et « Où est ton frère ? » (Gn 4, 9).  […]
Que le Carême soit aussi un temps de décisions communautaires, de petits et de grands choix à contre-courant, capables de changer la vie quotidienne des personnes et la vie d’un quartier : les habitudes d’achat, le soin de la création, l’inclusion de celui qui n’est pas visible ou de celui qui est méprisé.

agir en… s’arrêtant! 

Il est temps d’agir, et durant le Carême, agir c’est aussi s’arrêter. S’arrêter en prière, pour accueillir la Parole de Dieu, et s’arrêter comme le Samaritain, en présence du frère blessé. L’amour de Dieu et du prochain est un unique amour. […] C’est pourquoi la prière, l’aumône et le jeûne ne sont pas trois exercices indépendants, mais un seul mouvement d’ouverture, de libération. […] La dimension contemplative de la vie, que le Carême nous fera ainsi redécouvrir, mobilisera de nouvelles énergies.

prendre le risque de croire, d’espérer et d’aimer 

Dans la mesure où ce Carême sera un Carême de conversion, alors l’humanité égarée éprouvera un sursaut de créativité : l’aube d’une nouvelle espérance. Je voudrais vous dire, comme aux jeunes que j’ai rencontrés à Lisbonne l’été dernier : « Cherchez et risquez, cherchez et risquez. À ce tournant de l’histoire, les défis sont énormes, les gémissements douloureux.  Prenons le risque de penser que nous ne sommes pas dans une agonie, mais au contraire dans un enfantement ; non pas à la fin, mais au début d’un grand spectacle. Il faut du courage pour penser cela ». C’est le courage de la conversion, de la délivrance de l’esclavage.

En un mot, le Pape nous invite à être les guetteurs de l’aurore sur les remparts de Jérusalem! Croyons, espérons, aimons, non par « des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité » comme nous y invite Saint Jean dans sa première lettre (1 Jn 3, 18). C’est le sens de la vocation de tout chrétien. C’est aussi celui de notre vocation de frère franciscain, nous qui par notre état de vie avons choisi de suivre le Christ de plus près. Nous vous souhaitons un Saint et Joyeux Carême, poussé par le Saint Esprit au désert pour choisir librement la vie et « passer sur l’autre rive » (Mc 4,35), celle d’une nouvelle espérance pour notre monde.

 

 

 

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